Le 16 novembre 2025, les agents des douanes gabonaises ont réalisé une saisie spectaculaire à Bitam, ville frontalière du Cameroun. Un camion de type Canter, appartenant à deux ressortissants gabonais, transportait clandestinement 7 750 comprimés de tramadol King, plus connus sous le nom de kobolos, soigneusement dissimulés dans des sacs de farine. Cette opération, révélée par Info241, met en lumière l’ampleur du trafic de psychotropes au Gabon et les défis persistants dans la lutte contre ce fléau.
Le camion intercepté avait franchi six postes de contrôle avant d’être arrêté à Bitam. Ce détail soulève de sérieuses interrogations sur l’efficacité des dispositifs de surveillance et laisse planer des soupçons de complicités ou de négligences le long du corridor routier. Les douanes, en réussissant cette saisie, ont montré leur vigilance, mais l’affaire révèle aussi les failles structurelles du système de contrôle.
Le tramadol, surnommé kobolos, est un psychotrope dont la consommation explose dans certaines régions du Gabon, notamment chez les jeunes. Ses effets addictifs et dangereux sont associés à une recrudescence des violences, des agressions et à une dégradation du climat social. La saisie de Bitam illustre l’ampleur d’un phénomène qui dépasse le simple cadre criminel pour devenir un véritable problème de santé publique.
Bitam, située à environ 600 km de Libreville, est devenue un point névralgique du trafic transfrontalier. Cette affaire rappelle l’urgence de renforcer les moyens technologiques aux frontières, notamment par l’installation de scanners modernes, et d’accroître la coopération régionale. Le projet de libre circulation dans l’espace Cemac, s’il favorise l’intégration économique, expose aussi les pays membres à un risque accru d’entrée massive de substances illicites.
Cette saisie, l’une des plus importantes récemment enregistrées, constitue un avertissement pour les autorités gabonaises. Elle démontre à la fois l’efficacité ponctuelle des douanes et les défaillances structurelles qui permettent au trafic de prospérer. Sans une stratégie globale alliant répression, prévention et sensibilisation, le phénomène risque de s’amplifier et de fragiliser davantage la jeunesse et la sécurité nationale.
L’affaire de Bitam n’est pas seulement une victoire des douanes : elle est le révélateur d’un combat à mener sur plusieurs fronts, où la vigilance, la modernisation des outils de contrôle et la responsabilité collective doivent converger pour endiguer le fléau des kobolos.












































