La formation des ingénieurs géologues ne se limite pas aux salles de cours. Elle se construit aussi sur le terrain, au contact direct des matériaux, des structures et des réalités opérationnelles. C’est dans cet esprit que les étudiants de la Promo 9 du parcours LPMM/E3MG ont participé, du 12 au 16 février 2026, à une session intensive de travaux pratiques en géotechnique sur le site de Biniomi, une zone d’étude réputée pour la diversité de ses formations rocheuses.
La première étape de cette phase a conduit les étudiants sur les sites Mabouka 1 et Mabouka 2, deux zones présentant des affleurements contrastés. L’objectif : observer, comparer et interpréter les caractéristiques géologiques visibles. Ces observations ont permis d’identifier : des variations lithologiques marquées, des zones, de fracturation plus ou moins denses, des indices de contraintes tectoniques, et des conditions d’altération différenciées.
Cette immersion a posé les bases analytiques nécessaires pour comprendre la logique d’échantillonnage appliquée ensuite.
La session a mis l’accent sur deux méthodes essentielles :
Le chip sampling
Utilisé sur les roches tendres ou altérées, il permet de collecter des fragments représentatifs grâce à un martelage contrôlé. Cette technique, simple en apparence, exige précision et régularité pour éviter les biais d’échantillonnage.
La cannelure (channel sampling)
Méthode privilégiée pour les roches dures, elle consiste à découper une bande linéaire dans le massif afin d’obtenir un échantillon homogène.
Les étudiants ont pu mesurer l’importance de la continuité, de la profondeur et de l’orientation de la cannelure pour garantir la fiabilité des analyses futures.
Le Rock quality designation (RQD) a constitué un volet analytique majeur de cette session.
En évaluant la proportion de carottes intactes supérieures à 10 cm, les étudiants ont appris à :quantifier la fracturation du massif, interpréter la qualité géomécanique des roches, anticiper les implications pour les travaux miniers ou géotechniques.
Cette étape a renforcé leur capacité à relier données de terrain et enjeux d’ingénierie.
De la carotte à la pulpe : la rigueur de la préparation en laboratoire
Les échantillons prélevés ont ensuite été conditionnés dans des caisses à carottes, selon les normes de traçabilité : orientation, numérotation, description lithologique.
En laboratoire, une démonstration des outils de préparation mécanique a permis aux étudiants de suivre le parcours complet d’un échantillon : concassage, broyage, homogénéisation, réduction granulométrique.
L’objectif final : obtenir une pulpe fine, indispensable aux analyses XRF et aux titrages chimiques, deux techniques cruciales pour la caractérisation minéralogique et géochimique.
Cette première phase de travaux pratiques à Biniomi a offert aux étudiants une expérience complète, mêlant observation, manipulation, analyse et rigueur scientifique.
Ce séjour à Biniomi marque une étape déterminante dans leur parcours, en les confrontant aux exigences réelles du métier et en consolidant leur capacité à produire des données fiables, interprétables et utiles aux projets géotechniques et miniers.









































