Pendant que la plupart des Gabonais n’avaient pas de maisons car nombreux étaient et sont toujours locataires, Omar Bongo en 2003 offrait un appartement de 524,7 millions de FCFA à Sonia Rolland, Miss France 2000. C’est la conclusion d’une enquête de l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) en France sur l’affaire des biens mal acquis. Elle a conduit en janvier dernier, la miss à être auditionnée.
D’après les informations communiquées par notre confrère de Libération, les charges qui pèsent sur l’ancienne Miss France sont « Recel de détournement de fonds publics », a indiqué Libération.
En effet, en 2009 lorsque son fils Ali Bongo arrive au pouvoir « le déficit en logement au Gabon est estimé à 200 000 logements si l’on inclut les ménages installés dans une habitation précaire », selon l’économiste Mays Mouissi.
Or, en 2003, Omar Bongo a offert un appartement de 524,7 millions de FCFA à Sonia Rolland, cependant nombreux de ses compatriotes dormaient et continuent à dormir dans des taudis ou à la belle étoile. Si on peut construire une maison à chaque gabonais en raison de 10 000 000 francs CFA, on aurait pu construire une cité de près d’une cinquantaine de logements sociaux, même pour deux chambres, avec ce montant.
Ainsi, c’est dans « l’affaire des biens mal acquis que Sonia Rolland, Miss France 2000, a été entendue le 6 janvier à Paris par l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF, un service de la police judiciaire) », a précisé notre confrère français.
Cet appartement, faisant l’objet d’enquête, est situé dans les beaux quartiers parisiens, près de Passy. «En enquêtant sur l’immense patrimoine acquis par Omar Bongo, qui présida aux destinées du Gabon de 1967 à 2009, les policiers sont tombés sur un appartement offert par le chef d’État en 2003 à Sonia Rolland», a informé le journal Libération.
C’est donc fort de son succès en France qu’elle deviendra marraine de plusieurs concours sur le continent y compris au Gabon où elle fera la rencontre d’Edith Lucie Bongo. «C’est à cette occasion, en 2001, que j’ai rencontré Édith Bongo, la femme du président, et que nous avons tissé des liens d’amitié», a-t-elle déclaré à notre confrère.
Après avoir rencontré Omar et Edith Lucie Bongo, en 2002 au cours d’un diner chez le couple présidentiel, l’épouse lui fera la promesse d’un cadeau pour l’image qu’elle véhiculait pour le continent africain. Elle est franco-rwandaise.
Ainsi, une année plus tard, une étude de notaires lui remettra les clés en mains d’une société civile immobilière destinée à détenir l’appartement. L’appartement est acheté sur plans dans le XVIe arrondissement de Paris. Elle fera des modifications puis occupera les lieux pour un montant global de 524,7 millions de francs CFA.
«Comme pour masquer le véritable acheteur, c’est en fait une société de décoration française qui est officiellement l’acquéreur du bien, grâce à des chèques de banque de la BNP. D’où venait l’argent ? Cette société avait une filiale au Gabon détenant un compte dans une banque locale, sur lequel ont été déposées pendant des années des valises de cash, livrées par des collaborateurs de Bongo. L’argent était ensuite viré sur le compte, à Paris, de la boîte française», a détaillé Libération.
Selon les enquêteurs c’est plus d’une vingtaine de biens estimés à plus de 26 milliards de francs CFA entre 1990 et 2020, tout partagé entre les membres de sa famille et ses amis.


























