L’« Affaire Sylvia et Noureddin Bongo » éclaire les ombres persistantes de la transition au Gabon, où des voix s’élèvent pour dénoncer les conditions de détention des proches d’Ali Bongo. Estimant leur emprisonnement à Libreville illégitime et leur dignité bafouée, les avocats de Sylvia Bongo Ondimba et de Noureddin Bongo Valentin ont exhorté, le 29 octobre, le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, à une prise de position décisive. Ils l’appellent à s’éloigner du putschiste qu’il fut le 30 août pour incarner l’apaisement et la réconciliation nationale.
Dans un vibrant plaidoyer, Me Gisèle Eyué Bekalé et ses collègues, Me Célestin Mba Ondo, Charles Anicet Poaty-Amar et Jean-Paul Moumbembe, évoquent les droits violés de leurs clients, reclus depuis des mois. Cette équipe, prête à en appeler à la Commission africaine des droits de l’homme, déplore un acharnement unique sur le continent : « Jamais ailleurs en Afrique n’a-t-on vu un nouveau pouvoir s’en prendre ainsi à la famille de l’ancien chef de l’État », souligne Me Poaty-Amar. Le symbole même d’un homme en armes persécutant une femme est, selon lui, une injure au moral, une force détournée de sa juste raison.
L’image de Sylvia Bongo, affronte la brutalité des baïonnettes, inspirant un élan de sympathie teinté d’indignation. Pour Me Poaty-Amar, l’injustice faite à cette mère, Sylvia Bongo et son fils ternit l’autorité morale du pays, dont le chef actuel, Oligui Nguema, pourrait être l’artisan d’un tournant historique. La noblesse de l’État exige de ses plus hauts représente un devoir de hauteur, de distanciation vis-à-vis des rancunes et des rivalités.
En conscience, les avocats invoquant Oligui Nguema à reconsidérer sa posture et à rompre définitivement avec l’esprit du 30 août. « Que l’horizon s’ouvre sur une justice sans ombre, où chacun trouvera sa place en paix et en équité », implore-t-il. Car « chaque jour de plus alourdit le fardeau de l’injustice et creuse l’écart entre l’État et le peuple. »


























