Ce lundi, Donald Trump a choisi un décor monumental pour son ultime appel à mobiliser pour les élections de Midterms. Devant le Lincoln Memorial, le président de 80 ans a déclaré que ces législatives comptent plus que jamais. Pourtant, son discours a ressemblé à un puzzle sans modèle. Il a traité ses adversaires d’extrémistes dangereux, puis il a changé de sujet sans transition.
Le milliardaire a vanté longuement la rénovation du bassin, photos à l’appui. Il a détaillé minutieusement les matériaux comme un architecte passionné de chantiers. Par ailleurs, il a même affirmé avoir tenu plus de promesses qu’il n’en avait faites. Or, les sondages racontent l’inverse, car les Américains lui reprochent la vie chère et la guerre lancée en Iran.
Des démocrates favoris, mais prudents
Pendant ce temps, les démocrates jettent aussi leurs dernières forces pour reprendre le Congrès. Historiquement, le parti du président recule lors des midterms, et la Chambre leur tend les bras. Au Sénat, James Talarico au Texas et Adam Hamilton au Kansas incarnent l’espoir du parti. Cependant, la bataille reste incertaine, car 35 sièges sur 100 sont en jeu.
Un sondage dominical du Siena College donne l’avantage aux démocrates. Ils mènent dans la plupart des États disputés, notamment au Texas et dans le Maine. Néanmoins, la prudence domine, puisque les enquêtes ont déjà sous-estimé la mobilisation de la base trumpiste. D’ailleurs, le malaise est bien profond, car 60% des Américains désapprouvent l’action du président, selon NBC News.
Les républicains effacent leur champion
Chez les républicains, le président devient presque un fantôme dans les publicités électorales. En effet, une analyse de l’AFP, portant sur 212 000 annonces diffusées sur Meta, le démontre. En janvier, un tiers des dépenses en faveur des républicains mentionnait Donald Trump. Or, début octobre, cette part s’est littéralement effondrée à un peu plus de 2%, soit presque rien.
La droite a aussi misé sur la terre brûlée. Elle présente les démocrates en dangereux communistes et cible les immigrés et les musulmans. Dans le Michigan, Trump avait traité de terroriste Abdul El-Sayed, possible premier sénateur musulman. Enfin, dimanche, Haley Stevens, ancienne rivale d’El-Sayed, a rallié le républicain Mike Rogers. Ce geste comble Trump et frustre les démocrates.
Argent record et millions de votes anticipés
Les chiffres de cette campagne donnent le vertige. Environ 11 milliards de dollars ont inondé les publicités politiques, telle une rivière d’argent. Les mégadonateurs pèsent lourd dans ce flot, et leur part reste massive. Ainsi, Elon Musk a versé près d’un demi-milliard de dollars à lui seul. L’argent coule à flots, mais les électeurs, eux, tranchent au final.
Signe des enjeux, un nombre record de 57 millions d’Américains ont déjà voté de manière anticipée. Une majorité d’entre eux sont inscrits comme démocrates, un détail qui n’a rien d’anodin. Cette marée silencieuse inquiète le camp Trump et fait rêver ses rivaux. Pourtant, personne ne peut prédire son effet, car les urnes gardent toujours leurs secrets jusqu’au bout.
Ce que le résultat changerait à Washington
Une Chambre démocrate lancerait des enquêtes parlementaires, notamment sur la corruption et le dossier Epstein. Un Sénat démocrate bloquerait des nominations présidentielles, surtout à la Cour suprême. Ainsi, mardi, les urnes décideront si Trump gouverne librement ou sous surveillance pendant la fin de son mandat.












































