Sur le boulevard de la Libération, à Plaine Orety où plusieurs gabonais ont été chassés sans toute forme d’humanisme, un colosse de béton sort de terre. Il se dresse face à l’Assemblée nationale et près de l’ambassade de Chine. L’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) y bâtit son futur siège de douze étages. Par ailleurs, les équipes de CITP poursuivent la construction.
Les voiles et les poutres s’achèvent progressivement. Parallèlement, les préparatifs du coffrage de la dalle du sous-sol se poursuivent. Ainsi, le projet politique prend corps, étage après étage. Surtout, cet espace permanent doit accueillir les activités, les responsables et l’organisation du parti du président Oligui Nguema, par ailleurs chef de l’Etat, l’UDB.
Un terrain, une version, des actes et l’histoire
Le parti répond donc aux interrogations par un communiqué du 24 octobre 2026. Selon son secrétariat général, le président fondateur a annoncé le projet le 5 juillet 2026. Il l’a dévoilé lors du premier anniversaire du parti, au Palais des Congrès de la Cité de la Démocratie.
Des démarches auraient suivi auprès des autorités compétentes pour obtenir une parcelle. Le parti affirme avoir reçu un terrain sur ce boulevard, dans une zone qu’il juge relever du domaine public. Toutefois, ces explications ne remplacent pas une vérification indépendante. La publication des actes fonciers éclairerait le dossier.
Pour la petite histoire, plusieurs compatriotes ont vu les portes se refermer devant eux, chassés de ces lieux faute de titre foncier. Sans ce précieux sésame, leur droit de propriété n’était qu’un fantôme sans papiers. Hier, le titre faisait loi. Aujourd’hui, l’opinion publique attend que la lumière se fasse sur celui de l’UDB, pièce maîtresse du dossier.
Trois sources pour bâtir les murs
Pour le financement, l’UDB invoque trois sources. D’abord, ses adhérents versent des cotisations, comme autant de briques posées une à une. Ensuite, des contributions volontaires s’y ajoutent. Enfin, des mécanismes d’ingénierie financière font intervenir des acteurs du secteur.
Le parti présente ainsi son chantier comme le fruit d’une mobilisation interne. Cette énumération donne déjà un premier repère. Pourtant, un repère ne fait pas encore une carte. Pour apprécier la nature et la soutenabilité du montage financier, il faut des détails supplémentaires.
Les chiffres absents du tableau
Cependant, le communiqué laisse plusieurs cases vides, comme un puzzle auquel manquent des pièces. Il ne précise ni le coût global, ni le montant déjà mobilisé. La répartition exacte des contributions reste également dans l’ombre. Les partenaires financiers, les éventuelles modalités de crédit et les engagements associés demeurent eux aussi inconnus du public.
L’enjeu n’est pas de soupçonner une irrégularité. Il s’agit donc de permettre au public de comprendre comment une formation politique finance un tel édifice. En outre, la transparence aiderait à distinguer les contributions militantes, les financements privés et les opérations structurées. Dans un climat sensible autour du patrimoine public, cette clarté pèse lourd. Elle protège la confiance plus sûrement qu’un discours.
Une façade de béton, des comptes à ouvrir
La hauteur de l’immeuble ne dira pas tout sur son poids politique. Ce poids tiendra surtout à la clarté du financement et du terrain. Les étages montent à vue d’œil. Reste au parti à publier les preuves et comptes, pour que le dossier tienne debout.








































