Le professeur Pierre-André Kombila Koumba s’est éteint le jeudi 15 octobre 2026, à 2 heures du matin, à Libreville rapporte notre confrère de GabonReview. Un accident vasculaire cérébral l’a emporté. Il avait 85 ans, tous bien remplis. Ainsi, un cœur qui soignait les autres cesse de battre. Le silence tombe sur une voix qui refusait de se taire.
Médecin d’exception, figure historique de l’opposition, ancien ministre, il animait le débat public avec une énergie rare. Par ailleurs, beaucoup le connaissaient simplement comme le « Pr Kombila ». Sa disparition referme donc un chapitre de l’histoire nationale. Désormais, la scène qu’il occupait pendant près d’un demi-siècle reste vide, privée de sa voix.
Un cardiologue revenu servir son pays
Avant la politique, il y eut un médecin. Brillant cardiologue formé en France, il aurait pu poursuivre sa carrière en Europe. Pourtant, il choisit de rentrer au Gabon en 1977. Il voulait bâtir une médecine nationale de haut niveau. L’année suivante, il participe à l’essor de la cardiologie à l’Hôpital central de Libreville.
Professeur agrégé, il appartient à la génération qui a posé les fondations de l’enseignement médical supérieur du pays. Sa vocation ne se limitait pas à soigner. En outre, il aimait transmettre et former. Chaque élève devenait ainsi un héritage vivant. Aujourd’hui, ces héritiers portent seuls le flambeau qu’il leur a un jour confié.
Un opposant aux virages contestés
Au tournant des années 1990, le Gabon renoue avec le multipartisme. Alors, Pierre-André Kombila Koumba s’impose parmi les visages de l’opposition à Omar Bongo. Premier secrétaire du RNB, il devient député de Moabi, dans la Nyanga. Il porte ses engagements jusque dans l’hémicycle. Mais cette époque d’espérances démocratiques laisse des fractures et des désillusions.
En 1998, une rupture avec Paul Mba Abessole le conduit à la tête du RNB-D. Il brigue alors la présidence de la République. Le résultat électoral reste modeste, mais l’engagement se poursuit. En 2006, il entre pourtant au gouvernement d’Omar Bongo. Ce virage inattendu surprend, et parfois même déçoit ses compagnons de lutte.
Un vide que le Gabon ressent déjà
Il dirige l’Enseignement technique et professionnel, puis brièvement les Ressources hydrauliques et les Énergies nouvelles en 2009. Certains y voient une rupture, d’autres une manière de peser autrement. Après le changement de régime du 30 août 2023, il devient sénateur de la Transition. L’histoire retiendra ces contradictions sans effacer ses engagements antérieurs.
Cofondateur de l’association PROGRAM, il protégeait les grands singes de la Moukalaba. Il ne lira plus les pages suivantes de l’histoire. Pourtant, les cœurs soignés, les médecins formés et les combats menés prolongeront sa mémoire. Ainsi, le vide qu’il laisse demeure habité par son souvenir.










































