Le Parti démocratique gabonais (PDG) a frôlé la rupture avec le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Selon Africa Intelligence, ses cadres ont presque adopté une ligne d’opposition lors d’un séminaire à Libreville. Cette crise interne profite à Ali Bongo, qui espère vite reprendre le parti avant la fin de l’année 2026.
Le week-end du 10 au 11 octobre, le PDG a réuni ses cadres nationaux à son siège de Libreville. Ils devaient examiner les travaux d’une commission ad hoc. Cette commission proposait une nouvelle ligne politique et une organisation repensée. Ce parti historique a dominé la vie politique gabonaise pendant plus de cinquante ans. Il doit désormais se réinventer en profondeur.
Le séminaire ne s’est pas déroulé comme prévu. Les débats sont devenus houleux. L’ancien secrétaire général Éric Dodo Bounguendza a peiné à maîtriser les échanges. Selon Africa Intelligence, le sous-comité chargé de la ligne politique a proposé une « opposition constructive et responsable ». Cette proposition a surpris le directoire du parti. Les cadres l’ont écoutée dans un silence approbateur en plénière.
Une opposition évitée de justesse
Le président du PDG, Blaise Louembé, soutient le chef de l’État. La secrétaire générale, Angélique Ngoma, partage cette position. Les deux dirigeants ont réussi à amender le texte in extremis. Selon Africa Intelligence, la proposition est devenue une « force politique constructive et responsable ». Cette formule adoucit nettement la rupture. Elle permet au parti de ménager le pouvoir sans rompre totalement.
L’épisode révèle les fractures internes de l’ancien parti présidentiel. Beaucoup de militants reprochent à Brice Clotaire Oligui Nguema d’avoir privilégié sa propre formation. Le chef de l’État s’appuie désormais sur l’Union démocratique des bâtisseurs. Cette écurie politique a pris la place du PDG au sommet de l’État. Selon Africa Intelligence, des cadres dénoncent ce déséquilibre depuis les élections de 2025.
Un PDG affaibli par l’UDB
Battu aux législatives et aux sénatoriales de 2025, le PDG pèse peu à l’Assemblée nationale. Il ne compte que 16 sièges. L’UDB en détient 102. Africa Intelligence souligne que le parti est devenu la deuxième force politique, très loin derrière le camp présidentiel. Cet écart illustre le très net recul d’une formation qui gouvernait sans partage il y a peu.
Le remaniement du 11 octobre confirme ce recul. Camélia Ntoutoume Leclercq, troisième vice-présidente du parti, a perdu son poste de ministre d’État à l’Éducation nationale. Le PDG n’a plus qu’un seul représentant au gouvernement. Axel Jesson Ayenoue hérite du tourisme durable et de l’artisanat, un portefeuille moins exposé. Selon Africa Intelligence, le chef de l’État a acté cette perte d’influence.
Ali Bongo vise le congrès
Installé à Paris, Ali Bongo tente de profiter du mécontentement de la base militante. Ali Akbar Onanga Y’Obegue l’aide et revendique la direction du parti. Les deux hommes visent le congrès, plusieurs fois repoussé. Le parti le programme désormais pour la fin de l’année 2026. Africa Intelligence affirme qu’ils veulent s’en servir pour enfin s’emparer de la formation d’Omar Bongo.
Libreville soupçonne un discret soutien du président congolais Denis Sassou-Nguesso. Il passerait par son petit-fils, Omar-Denis Junior Bongo. Début septembre, Denis Sassou-Nguesso a rendu visite à Ali Bongo à Paris. Il a aussi évoqué le dossier avec Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Africa Intelligence évoque un « très discret soutien » et détaille aussi ces échanges récents entre plusieurs dirigeants de la région.







































