La 6e assemblée générale extraordinaire de l’Association des maires du Gabon (AMG) s’est ouverte à Franceville. Elle repose sur une préoccupation centrale : donner aux collectivités locales les moyens d’exercer pleinement leurs compétences. Leur thème : « Décentralisation pour une meilleure gestion urbaine afin de bâtir des communes fortes de la Ve République ». Ces retrouvailles se tiennent sur trois jours. Le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, y participe aussi.
À l’ouverture, Fernand Paulin Joumas dit Salamba, maire de Franceville, a pris la parole. Il a insisté sur la nécessité d’accompagner les compétences transférées. Elles exigent des ressources financières prévisibles, des personnels qualifiés et des équipements adaptés. Selon lui, « une commune forte est une localité qui connaît ses ressources, maîtrise leur mobilisation ». Cette localité, ajoute-t-il, « les transforme en services publics et en investissements au bénéfice des populations ».
Quatre priorités et des réformes engagées
Eugène Mba, président de l’AMG et maire de Libreville, a souligné quatre priorités. Il demande d’abord le transfert effectif et concomitant des compétences et des ressources. Ensuite, il plaide pour la simplification des procédures administratives et financières. Il réclame aussi le renforcement des capacités des élus et des agents municipaux. Enfin, il veut le renforcement permanent du dialogue institutionnel. Ces quatre attentes dessinent une feuille de route claire.
Le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Adrien Nguema Mba, était présent. De son côté, il a présenté les réformes engagées. Elles comprennent la révision de la loi organique relative à la décentralisation. Elles incluent aussi l’opérationnalisation du Fonds de péréquation des collectivités locales. Le transfert des compétences et des moyens de l’État aux collectivités locales se poursuit. Ces chantiers renforcent donc l’autonomie.
Des résultats et des comptes à rendre
Par ailleurs, un deuxième décret relatif à ce transfert serait en préparation. Une mission doit également évaluer les capacités des collectivités à exercer les compétences déjà transférées. Le projet de loi portant création de la fonction publique locale serait en phase finale. Cette évaluation permettra de mesurer les capacités réelles des communes concernées. La fonction publique locale répondrait au besoin de personnels qualifiés. Ainsi, le cadre juridique avance.
Pour Alexandre Barro Chambrier, « décentraliser, c’est mieux répartir les responsabilités ». Il a précisé l’exigence de résultats et de reddition des comptes. Autrement dit, les moyens accordés appellent des performances mesurables. Les maires devront donc prouver leur efficacité. Les élus reçoivent ainsi un message sans la moindre ambiguïté. La liberté d’action s’accompagne désormais d’une stricte obligation de transparence. Les citoyens pourront ainsi juger les résultats sur le terrain.
Vers une décentralisation concrète
Au final, à Franceville, les maires veulent faire de la décentralisation « une réalité concrète ». Pour y parvenir, ils attendent des ressources, des compétences et des équipements. La réforme avance, mais le terrain jugera des résultats. Ils espèrent ainsi bâtir des communes fortes, utiles et durables.












































