La CPPF, Caisse des pensions et des prestations familiales des agents de l’État, a dévoilé ses résultats. L’annonce a eu lieu le 1er octobre 2026 au Palais des Congrès de Libreville. Elle coïncidait avec la première Journée nationale du retraité et de la personne âgée. Cette réforme visait à rétablir l’équilibre financier du régime des pensions.
Concrètement, la CPPF a mobilisé près de 66 milliards de francs CFA en deux ans. Ce montant donne la mesure de l’effort engagé. Lors de cette journée, les responsables ont détaillé un bilan chiffré. Ainsi, l’institution veut rassurer ses assurés sur l’avenir des pensions.
Un risque de faillite écarté de justesse
Sans intervention, les charges de la CPPF auraient dépassé ses recettes dès avril 2024. Ce phénomène porte le nom d’effet de ciseaux. Il pouvait conduire le régime droit vers la faillite. Les autorités ont donc agi dans l’urgence.
En effet, un régime de retraite ne peut pas dépenser durablement plus qu’il n’encaisse. Les pensions de 27 000 retraités étaient en jeu. Dès lors, une réforme profonde s’imposait. Elle devait stabiliser les comptes avant qu’il ne soit trop tard.
Cotisations et âge de départ revus à la hausse
Pour inverser la tendance, la cotisation des agents est passée de 6 à 7 %. De son côté, l’État a relevé sa contribution de 15 à 18 %. Ces deux leviers augmentent directement les recettes du régime. Ils consolident aussi la stabilité de la caisse.
Par ailleurs, l’âge de départ à la retraite passe de 60 à 62 ans pour le droit commun. Le directeur général, Carl Nguéba Boutoundou, assume cette fermeté. Il a déclaré : « Ce n’est pas négociable, ce n’est pas discutable », en parlant de la réforme.
Des pensions revalorisées pour les retraités
La réforme a aussi amélioré le niveau des pensions. Les agents partis avant juillet 2015 ont obtenu une hausse mensuelle de 12 000 à 15 000 francs CFA. Ensuite, l’alignement sur la rémunération de la Fonction publique a touché 11 465 personnes depuis juillet 2015.
Ces mesures ont alourdi la charge mensuelle du régime de 1,4 milliard de francs CFA. La CPPF a pourtant maintenu le cap. En parallèle, elle a versé 58 milliards d’arriérés en deux ans. S’y ajoutent 7,9 milliards pour 12 862 pensionnés au titre des concessions définitives.
Deux panels pour débattre de l’avenir
La première Journée nationale du retraité et de la personne âgée s’articulait autour de deux panels. Le premier traitait du vieillissement de la population et des politiques de protection sociale. Il réunissait la Direction générale de la famille, le Centre de gériatrie et une association de protection des aînés.
Le second panel portait sur les réformes des retraites à l’ère de la 5ème République. Les directions générales de la CNSS et de la CPPF y participaient. Des représentants des retraités ont pris part aux échanges. Cette thématique intéresse directement les assurés actuels et futurs.
CAP 2030 : trois axes pour l’avenir
Créée en 2014, la CPPF compte environ 130 000 assurés, dont 27 000 retraités. Elle gère deux régimes. Désormais, les autorités veulent en faire un investisseur institutionnel. Cet acteur devra garantir la pérennité des retraites et contribuer au financement de l’économie gabonaise.
Le défi consiste à consolider l’équilibre retrouvé. Parallèlement, l’institution veut améliorer durablement ses services aux retraités. Son plan stratégique CAP 2030 repose sur trois axes. Il prévoit de moderniser et de digitaliser les processus. Il vise aussi à sécuriser la performance financière et à diversifier l’offre de produits.
Un équilibre à consolider d’ici 2030
Enfin, la CPPF doit encore renforcer sa gouvernance et assurer la transparence, troisième axe de CAP 2030. Ainsi, le régime veut confirmer durablement son redressement financier. La réforme d’urgence a écarté la faillite, mais la consolidation reste désormais le véritable test pour les retraités gabonais.












































