Les gouverneurs des banques centrales africaines ont lancé à Nairobi l’Institut monétaire africain (IMA). La rencontre s’est tenue du 13 au 18 septembre 2026, lors des 48es réunions annuelles de l’ABCA. Ainsi, l’institution prépare les conditions techniques et institutionnelles d’une future Banque centrale africaine. Le conseil d’administration a tenu sa première réunion en marge de l’événement. Toutefois, cette étape ne crée pas immédiatement la Banque centrale africaine.
Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, assure la présidence de cette instance à titre transitoire. Il achève par ailleurs son mandat 2025-2026 à la tête de l’ABCA. Selon son communiqué, la BEAC y voit « une reconnaissance des avancées remarquables enregistrées par l’ABCA ». Kamau Thugge, gouverneur de la Banque centrale du Kenya, dirige désormais l’ABCA pour 2026-2027. Puis, la prochaine étape se déroulera à Abuja, au Nigeria.
Nigeria, Guinée équatoriale, Congo : des économies directement concernées
Le Nigeria jouera donc un rôle très visible, puisqu’il accueillera la prochaine rencontre. De plus, la Guinée équatoriale évolue dans la zone monétaire de la BEAC. Ainsi, l’Afrique centrale garde une voix directe dans le processus d’intégration monétaire. Par ailleurs, la Banque centrale du Congo a signé, le 18 septembre, sa convention d’adhésion au PAPSS. Ce système panafricain couvre 31 pays et compte 24 banques centrales membres.
L’Angola, la Namibie et la Tanzanie suivent aussi ce chantier continental. Ces pays appartiennent à l’Union africaine, qui porte le projet depuis plusieurs années. En février 2025, l’Assemblée de l’UA a demandé l’adoption du statut de l’IMA. Ensuite, un rapport de février 2026 a prévu une mise en service en septembre 2026. Elle dépendait toutefois de la validation juridique du statut. Leur participation sera donc utile à l’avenir.
Le reste du monde observe l’intégration monétaire africaine
Au-delà du continent, partenaires financiers et investisseurs suivent ce dossier avec attention. En effet, une intégration monétaire réussie pèserait sur les échanges avec le reste du monde. Pour l’instant, le bilan présenté à Nairobi reste encourageant. Ainsi, 17 pays sur 53 respectaient en 2025 les cinq critères de convergence de premier rang. Ils étaient 12 pays en 2024, soit cinq de moins. Le progrès reste donc réel.
L’ABCA a aussi adopté une feuille de route 2026-2030 pour harmoniser les politiques monétaires. Elle a également créé une Task Force sur la politique monétaire et l’intégration. Cette Task Force compte deux groupes de travail. Ces mécanismes accompagneront notamment les travaux de l’IMA et le suivi du PCMA. Par conséquent, les partenaires extérieurs disposeront de repères plus lisibles. Mais le processus d’intégration monétaire dure depuis plusieurs décennies déjà.
Une étape préparatoire aux enjeux mondiaux
Cette étape reste préparatoire, mais elle change la donne pour l’Afrique. Les gouverneurs misent désormais sur un travail technique rigoureux et durable. Finalement, la Banque centrale africaine demandera du temps, de la coordination et la confiance des États. Le reste du monde observera chaque avancée.












































