Joël Dominique Ledaga dirige l’Autorité pour la protection des données personnelles et de la vie privée. Il détaille pour notre confrère L’Union les missions exactes de cette institution encore méconnue. Il aborde aussi la question sensible des réseaux sociaux au Gabon. Enfin, il revient sur le nouveau data center national et l(attitude à adopter face aux géants du web Meta et TikTok.
Selon lui, une donnée personnelle identifie directement ou indirectement une personne. Même confiée à une banque, elle demeure la propriété du citoyen. L’établissement se contente alors de la collecter et de la traiter. L’APDPVP veille au respect strict de cette règle. Elle dispose d’un pouvoir réglementaire fixé au Journal officiel.
Des compétences partagées avec la HAC
Joël Dominique Ledaga distingue clairement son institution des autres organes. Il précise qu’une injure ne constitue jamais une donnée personnelle. La communication numérique relève plutôt de la Haute autorité de la communication. Les tribunaux interviennent également selon la nature des faits. Toutefois, il regrette l’absence de canaux directs avec Meta, TikTok ou Instagram. Il préconise donc une réponse africaine commune, inspirée du RGPD européen.
Tout texte impliquant des données personnelles doit obtenir l’avis de l’APDPVP. L’institution peut exiger sa révision pour protéger les citoyens. Elle peut aussi s’autosaisir ou auditionner directement une entreprise. Néanmoins, les moyens techniques et matériels restent nettement insuffisants aujourd’hui.
Le data center gabonais sous contrôle national
Le nouveau data center reste soumis aux lois gabonaises, assure le président. Aucune structure ne peut collecter des données sans validation préalable de l’autorité. Exploité par ST Digital Gabon, le site héberge aussi des données de vidéosurveillance. Une étude d’impact a évalué la localisation, la sécurité et la finalité des données. Un site miroir existe désormais dans le Haut-Ogooué, pour plus de sécurité. La blockchain renforce enfin la traçabilité de l’ensemble du dispositif.
À ce jour, les opérateurs économiques ont enregistré 715 déclarations de conformité. L’administration publique et ses démembrements figurent parmi les principaux déclarants. L’APDPVP a délivré près de cinquante avis motivés depuis sa création. Des particuliers ont aussi déposé une trentaine de plaintes. Sept syndicats ont dénoncé des manquements, et un groupement a transmis trois pétitions collectives. Ces chiffres traduisent une prise de conscience progressive au Gabon.
Un collaboration très difficile seule contre les géants du web
Ainsi, l’APDPVP entend renforcer ses moyens humains et techniques. Elle veut aussi accompagner davantage les entreprises dans leurs obligations légales. Par ailleurs, une coopération régionale reste, selon Ledaga, indispensable face aux géants du numérique, notamment Meta et TikTok. Or, nous sommes sans ignorer qu’il sera difficile pour le Gabon de dicter sa loi à ses entreprises aux budgets colossaux et qui n’ont que peu d’intérêts parfois pour l’Afrique.
En définitive, le Gabon avance pas à pas vers une meilleure protection des données. Ce chantier concerne autant les citoyens que les institutions publiques et privées.










































