Une enveloppe de 3 milliards de FCFA va irriguer l’USTM. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema l’a octroyée après sa visite du 22 août. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Pr Charles Edgar Mombo, l’a annoncée officiellement. Selon lui, elle garantira une rentrée 2026-2027 « sereine ». Mais une question cruciale s’impose immédiatement après l’annonce.
Comment garantir un impact réel dans cette université longtemps meurtrie ? Les retards, les chantiers inachevés et les promesses non tenues l’ont marquée durablement. Ainsi, cette enveloppe doit accélérer les réhabilitations urgentes du campus. Elle doit aussi renforcer les capacités d’accueil avant mi-septembre prochain. Un amphithéâtre de 500 places sortira de terre en novembre. Par ailleurs, des milliers de tables-bancs seront livrés prochainement.
Une répartition détaillée, chiffre par chiffre
Le recteur, Pr Bill Raphaël Bikanga, a détaillé chaque poste budgétaire. 1,363 milliard financera les rénovations des bâtiments existants. 554 millions relanceront un ancien bâtiment laissé à l’abandon. 130 millions équiperont la salle polyvalente du campus. De plus, 269 millions financeront 3 800 tableaux pour les salles. Enfin, 312 millions couvriront les équipements et 172 millions le matériel informatique.
Le CNOU, grand oublié devenu bénéficiaire
Le CNOU reçoit quant à lui 200 millions de FCFA. Cette somme financera les résidences, le restaurant et le centre médical. Ces chiffres impressionnent, mais rappellent aussi une réalité douloureuse. L’USTM a souvent souffert de chantiers mal suivis et mal exécutés. Le directeur du CNOU, Anges Patrick Nzao, ne cache d’ailleurs rien. La cuisine du restaurant, reconnaît-il, ne répond pas aux normes actuelles. Les pavillons H1, H2 et H3 réclament électricité, plomberie et étanchéité. La grande salle de 1 000 places doit être entièrement rééquipée.
L’exécution, véritable nerf de la guerre
D’où l’enjeu majeur : la rigueur dans l’exécution budgétaire. Le ministre a promis un « contrôle très strict » cette fois. Pourtant, il faudra bien plus qu’une simple promesse verbale. Cette enveloppe dépasse en effet le simple investissement financier classique. Elle incarne un acte de réparation envers un temple du savoir. Ce temple a formé des générations malgré des conditions parfois indignes.
Un test grandeur nature pour l’État gabonais
Le pays attend désormais des résultats concrets et mesurables. Chaque franc investi doit se traduire en murs rénovés visibles. Il doit aussi produire des salles fonctionnelles et des équipements durables. L’USTM mérite enfin de voir l’argent public porter ses fruits. Le gouvernement affronte ainsi une responsabilité proprement historique aujourd’hui. Ces trois milliards ne doivent pas rester une simple annonce. Ils doivent devenir un tournant réel pour l’enseignement supérieur gabonais.











































