Plusieurs personnes ont entrepris d’appeler à la grâce présidentielle en faveur d’Alain Claude Bilie By Nze (ACBBN). D’autres, en revanche, réclament la tenue d’un procès le concernant. Ainsi, après réflexion, il m’a semblé bon de donner ma position. Cette position concerne ce fils du pays.
ACBBN est quelqu’un que je connais depuis la création du Centre d’Évangélisation Béthanie. C’est un ancien candidat à l’élection présidentielle. Il a vu monsieur Brice Clotaire Oligui arriver au pouvoir. Par ailleurs, j’ai eu le privilège d’être son directeur de campagne en France, lors de cette élection. Mais ici, je souhaite donner mon point de vue de citoyen gabonais. Ce n’est donc pas le point de vue d’un partisan.
La grâce présidentielle
Pour avoir été son directeur de campagne, je connais bien ACBBN. J’ai eu avec lui des rencontres en tête à tête, tant à Libreville qu’à Paris. Ainsi, je pense que demander une grâce présidentielle pour ACBBN est une erreur politique. C’est également une faute grave.
C’est une erreur politique. En effet, ACBBN a plusieurs fois refusé d’être le premier ministre de monsieur BCON. Comment pourrait-il alors accepter de lui être redevable de sa sortie de prison ? C’est aussi une faute grave car une éventuelle grâce n’aurait pas de sens. En effet, ACBBN n’a pas été reconnu coupable par la justice.
Peut-on gracier un présumé innocent ?
Appeler à la grâce, c’est reconnaître la culpabilité de ACBBN. C’est aussi accepter de briser sa carrière politique et de salir son intégrité. Or, personnellement, je ne pense pas que ce soit là le choix qu’il ferait.
On fait quoi alors ?
Je suis un citoyen gabonais, et un chrétien par-dessus tout. Je suis profondément convaincu que ce qu’un homme sème, il va le moissonner. En effet, ACBBN a fait partie d’un gouvernement qui a enfermé des hommes et des femmes, sans jugements ni procès. Même s’il peut dire qu’il ne l’a personnellement jamais fait, il a cependant gardé le silence. Ce silence a duré pendant que ces injustices étaient commises. Aujourd’hui, il vit dans sa chair ce que les autres ont vécu lorsqu’il régnait.
Certes, je peux comprendre ce que lui-même appelait son chemin de Damas. Cependant, je veux dire que ce qui est vrai pour ACBBN le sera aussi pour d’autres. Cela vaudra pour ceux et celles qui, aujourd’hui, gardent le silence face à une injustice.
Oui, il faut reconnaître que ce qui arrive à ACBBN est une injustice. C’est une injustice dans la forme, et une injustice dans le fond. Le passé de ACBBN ne peut justifier le traitement qu’on lui fait subir aujourd’hui. Surtout quand on voit ceux et celles qui étaient avec lui dans ce gouvernement d’ABO. Ils coulent aujourd’hui de beaux jours sous la 5ème République.
Je ne saurais dire à ceux et celles qui portent le cas de ACBBN à cœur ce qu’ils doivent faire. Toutefois, je peux au moins demander une chose aux autorités politiques et judiciaires. Qu’elles regardent le film « Mobutu, roi du Zaïre ». En effet, vous avez le sentiment d’être puissants. Vous avez le sentiment d’avoir réduit au silence un homme qui vous gênait. Mais prenez garde : l’épée que vous utilisez sera aussi utilisée contre vous.
Aujourd’hui, on nous parle de la 5ème République. Si quelqu’un avait dit à ABO que la 5ème République allait voir le jour, il ne l’aurait pas cru. Je veux donc dire ceci à ceux et celles qui dirigent la 5ème République. Le Dieu qui a rendu possible la 5ème République peut aussi rendre possible une 6ème République. Cela arrivera si les choses anciennes ne passent pas.
À bon entendeur….
Serge Allogho







































