Depuis 2025, le gouvernement gabonais annonce vouloir réduire le nombre de boursiers envoyés hors du continent. La mesure fut d’abord justifiée par la lutte contre la fuite des cerveaux. Elle s’est ensuite appuyée sur le relèvement des exigences financières imposées par la France. Le 16 août, un nouvel argument est apparu. Le chef de l’État a invité la jeunesse à privilégier les universités africaines. Il a affirmé que « l’Afrique ne doit pas être un choix par défaut ».
Pour l’ancien ministre Ali Akbar Onanga Y’Obegue, cette succession de justifications isur les Bourses à l’étranger interroge. En réalité, il estime que l’objectif demeure inchangé. Selon lui, il s’agit avant tout de « réduire la dépense publique consacrée à la formation extérieure ». Par ailleurs, il rappelle que la première annonce proposait une méthode différente. Il cite une volonté de « renverser la tendance » vers des formations stratégiques.
Des arguments qui interrogent
Toutefois, l’universitaire conteste la logique actuelle. Sélectionner les filières prioritaires, selon lui, ne revient pas à fermer des pays entiers aux étudiants boursiers. Il dénonce ainsi ce qu’il appelle une « amputation par pays », plutôt qu’un choix réfléchi entre formations.
En outre, Ali Akbar Onanga Y’Obegue pointe une incohérence dans le discours officiel. Pourtant, la préférence continentale ne s’applique presque jamais aux autres dépenses publiques. Or, les chiffres budgétaires alimentent cette critique. La mission Enseignement supérieur recule de près de 39 % dans la loi de finances rectificative 2026. Dans le même temps, plusieurs postes de fonctionnement progressent fortement. Cette évolution nourrit le soupçon d’un arbitrage défavorable à la jeunesse.
L’égalité des chances en question

De plus, l’ancien ministre insiste sur la portée sociale du système actuel. Historiquement, la bourse d’État a permis aux enfants de familles modestes d’étudier aux côtés des enfants de dirigeants. Fermer certaines destinations, avertit-il, ne concernera pas les familles aisées, capables de financer elles-mêmes les études de leurs enfants. Ce sont les familles modestes qui perdront cette possibilité. de Bourses à l’étranger
Ainsi, la mobilité internationale ne disparaîtrait pas entièrement. Elle se limiterait progressivement aux foyers les plus fortunés, créant une mobilité à deux vitesses. Cette dynamique inquiète les familles qui comptaient sur la bourse d’État pour financer les études supérieures de leurs enfants.
Vers une réforme plus ciblée ?
Néanmoins, Ali Akbar Onanga Y’Obegue ne rejette pas toute réforme. Par conséquent, il approuve un meilleur ciblage des filières et un renforcement des universités africaines. En revanche, il réclame davantage de transparence. Le gouvernement devrait publier, selon lui, le coût réel de la mesure et les critères retenus pour les filières maintenues.
Enfin, il conclut que la jeunesse gabonaise mérite un horizon universitaire qui ne dépende pas des seules ressources familiales. Dès lors, le débat désormais public place le gouvernement face à ses arbitrages budgétaires. Les prochaines semaines diront si la publication de données budgétaires précises apaise réellement cette controverse.











































