Jusqu’où ira le délabrement éthique de nos prétoires ? Le mandat de dépôt décerné ce 3 août 2026 contre Pierre Wilfried Okoumba n’a pas seulement fuité. En effet, le Premier Juge d’Instruction près le tribunal de Libreville voit sa décision étalée comme une prise de guerre. Ainsi, les réseaux sociaux s’en emparent aussitôt, dans une foire d’empoigne indécente.
Par ailleurs, cette fuite humilie profondément la justice gabonaise. Le secret de l’instruction, socle d’une justice civilisée, n’est plus qu’une fiction juridique. Des fossoyeurs internes le bradent sans vergogne. Cabinet d’instruction, greffe ou escorte pénitentiaire : l’un de ces maillons a trahi son serment. De ce fait, il a vendu le secret professionnel au plus offrant du sensationnalisme.
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Une félonie qui met le juge en danger
Cette félonie ne bafoue pas seulement la présomption d’innocence. Elle viole aussi la vie privée du prévenu. Pire encore, elle expose le juge d’instruction lui-même à un danger de mort. Désormais, ce dernier affronte, sans bouclier, les représailles de complices tapis dans l’ombre.
Le silence complice de la Chancellerie
Néanmoins, le plus odieux reste ailleurs : le silence comparse de la tutelle. Pendant que le réseau s’amuse de ce lynchage public, la Chancellerie et le Parquet s’emmurent dans un mutisme poltron. Dès lors, où sont les poursuites pour violation du secret professionnel ? Où sont les arrestations pour recel de documents confidentiels ?
« Quand le sceau de la République traîne dans le caniveau virtuel sans que la Chancellerie ne cille, ce n’est plus du laisser-faire : c’est de la complicité d’État. »
Une justice sommée d’agir sans délai
Si aucun agent public coupable ne comparaît devant le Conseil de discipline, alors admettons-le sans fard. Notre système judiciaire n’est plus une institution. Il devient une foire à l’encan. Par conséquent, que le Ministre de la Justice sorte enfin de sa torpeur. Le Parquet a le devoir d’ouvrir immédiatement une information judiciaire pour châtier les félons. En définitive, sans sanctions d’une sévérité exemplaire, la Justice gabonaise achèvera de prouver qu’elle n’inspire plus le respect, mais le dégoût.
Par Gaël BOBOUAGNO LENGA, journaliste spécialisé dans l’actualité judiciaire et juridique — Libreville, le 4 août 2026.








































