Deux semaines après la signature du protocole entre Libreville et Eramet sur le manganèse, les questions demeurent nombreuses. Le ministre Lubin Ntoutoume a livré des précisions attendues sur ce dossier stratégique. Voici ce qu’il faut retenir de ses propos.
D’abord, le ministre sépare clairement deux dates. 2029 marque le lancement irréversible des projets industriels. 2031, elle, concerne l’achèvement des infrastructures les plus lourdes. Cette nuance change complètement la lecture du calendrier officiel gabonais. Ensuite, l’énergie apparaît comme le véritable nerf de la guerre. Sans barrages fiables, aucun industriel ne s’engagera durablement dans la région. D’ailleurs, les chantiers hydroélectriques de Booué et Ngoulmendjim deviennent désormais prioritaires. Ils ne sont plus de simples projets annexes, mais bien le socle de toute la stratégie. Le gouvernement gabonais assume ce calendrier autant que cette stratégie énergétique.
Une ambition partagée entre plusieurs acteurs
Par ailleurs, les 700 000 tonnes annoncées ne concernent qu’Eramet-Comilog. D’autres producteurs locaux et de futurs investisseurs compléteront cette production nationale. Ainsi, l’objectif global resterait intact, mais réparti entre davantage d’opérateurs industriels. De plus, le discours officiel évolue sensiblement ces derniers mois. La rentabilité économique compte désormais autant que la volonté politique affichée. Le marché mondial exige traçabilité, faible empreinte carbone et compétitivité réelle. Le gouvernement gabonais semble en tenir compte sérieusement.
Impacts sociaux et coûts financiers en question
Concrètement, des milliers d’emplois industriels pourraient naître autour des usines. Toutefois, le financement des barrages représente un effort budgétaire colossal. Ces investissements pèseront lourdement sur les finances publiques gabonaises. En retour, les populations locales espèrent un développement économique durable et concret.
Des zones d’ombre persistantes
Cependant, plusieurs inconnues subsistent encore aujourd’hui. Le calendrier précis des travaux n’est pas fixé. Personne ne sait si l’interdiction d’exporter le manganèse brut survivra à d’éventuels retards de chantier. Le protocole gabonais reste observé par tous les acteurs. Finalement, cet entretien clarifie la philosophie du protocole sans réellement le modifier. Le gouvernement mise sur une industrialisation progressive, appuyée sur plusieurs opérateurs. En somme, les intentions rassurent, mais seuls les faits trancheront durablement. Les usines sorties de terre, et non les promesses, diront si cette ambition était visionnaire.









































