Bongo : 85 millions d’euros en jeu, Pascaline et Omar Denis Junior visés, procès prévu en 2027

Le Parquet national financier (PNF) a demandé le renvoi de plusieurs Bongo devant un tribunal correctionnel. L’affaire des « biens mal acquis » franchit ainsi une nouvelle étape. Parmi les héritiers concernés figurent Pascaline Bongo et Omar Denis Junior Bongo. En revanche, l’ancien président Ali Bongo Ondimba échappe à cette procédure. D’un côté, Transparency International salue une avancée majeure. De l’autre, la défense dénonce fermement un dossier fragile et orienté.

Sur les neuf enfants d’Omar Bongo Ondimba, le ministère public réclame un procès pour plusieurs d’entre eux. Pascaline Bongo, ancienne directrice de cabinet de son père, figure parmi eux. Omar Denis Junior Bongo, récemment remarqué lors de son mariage fastueux au Gabon, est également concerné. Au total, la procédure vise 18 personnes physiques et cinq entités, dont la banque BNP Paribas. Ali Bongo Ondimba, chef de l’État de 2009 à 2023, ne figure toutefois pas sur cette liste. Cette absence surprend certains observateurs du dossier gabonais.

Un patrimoine des Bongo estimé à 85 millions d’euros

Selon le PNF, ces biens proviendraient de fonds publics détournés pendant plusieurs décennies. L’enquête évalue le patrimoine immobilier concerné à près de <u>85 millions d’euros</u>. Ainsi, la justice française scrute notamment des biens que possède Pascaline Bongo dans des quartiers cotés de Paris. Ensuite, elle examine aussi le rôle de plusieurs intermédiaires financiers. Ces circuits auraient facilité le blanchiment de sommes considérables.

Transparency International salue une victoire après quinze ans

À l’origine de la plainte, Transparency International France se réjouit de ces réquisitions. Pour Sara Brimbeuf, responsable du plaidoyer sur les flux illicites, ce procès arrive après quinze ans de procédure. Par ailleurs, elle souligne l’importance de juger aussi les intermédiaires financiers. Selon elle, ces acteurs ont permis le blanchiment de fonds venus de l’étranger. L’ONG y voit donc l’aboutissement d’un combat de longue haleine.

La défense évoque un dossier « à charge »

De son côté, Me Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de Pascaline Bongo, conteste fermement ces réquisitions. Elle y voit une procédure davantage politique que juridique. En effet, elle pointe un manque de preuves solides et vérifiées. Selon elle, le dossier repose surtout sur des préjugés persistants. Elle ajoute que la France adopte une posture ambiguë envers l’Afrique. Cette posture, dit-elle, nuit à son image sur le continent.

Un procès attendu pour 2027

Ces réquisitions ne déterminent pas encore l’issue du dossier. Désormais, les juges d’instruction doivent trancher cette question délicate. S’ils suivent le parquet, un procès pourrait s’ouvrir en 2027. Ce serait quinze ans après le lancement de l’enquête initiale. Ainsi, ce dossier emblématique pourrait enfin connaître son épilogue judiciaire tant attendu. Les ONG et les avocats concernés suivront de près chaque étape à venir.

Roland Olouba Oyabi

Roland Olouba Oyabi

Journaliste multimédia, Directeur de Publication de Gabon Mail Infos, chroniqueur radio, diplômé de l'Ecole supérieure de journalisme de Lille, de l'Université de Lille, de l'IAE Lille, de l'Université de Johannesburg et certifié réfèrent digital de l'école241 de Libreville. Meilleur journaliste gabonais en ligne Makongonio 2025.

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