Le secteur des transports gabonais amorce une transformation majeure. Ainsi, la fusion-absorption de la SOGATRA et de Trans’Urb vient d’aboutir. Ensemble, elles donnent naissance à la Compagnie nationale de transport (CNT). Ce nouvel opérateur ambitionne de moderniser la mobilité urbaine et interurbaine. Cette réforme intervient après plusieurs années de tensions sociales récurrentes dans le secteur.
Face aux inquiétudes des partenaires sociaux, le ministère des Transports a voulu se montrer rassurant. En effet, la nouvelle structure CNT regroupera 1 350 agents issus des deux anciennes entités. Notamment, l’ensemble des emplois sera préservé selon les engagements officiels. Ainsi, aucun licenciement ne devrait accompagner cette fusion administrative d’envergure. Le ministère souhaite ainsi désamorcer les craintes exprimées ces derniers mois par les syndicats.
Des acquis sociaux garantis pour les agents
La nouvelle structure accueillera l’ensemble des effectifs sans aucune exception. Par ailleurs, les acquis sociaux des agents seront intégralement maintenus après la transition. De plus, le paiement des arriérés de salaires devrait se poursuivre normalement. Cette continuité vise à sécuriser un climat social fragilisé par des années difficiles. Les organisations syndicales saluent néanmoins ces garanties gouvernementales.
Cap sur 3 000 employés à terme
Les autorités affichent une ambition très claire pour l’avenir de la compagnie. Concrètement, elles veulent porter les effectifs totaux à 3 000 employés. Cela représente 1 650 recrutements supplémentaires par rapport à l’effectif actuel. Ce chiffre traduit une volonté affirmée de professionnaliser durablement le secteur des transports publics. Un tel effectif rapprocherait la CNT des standards régionaux comparables.
La fin de la gratuité et une nouvelle billetterie
Sur le plan économique, la CNT rompt avec le modèle de gratuité historique. Désormais, une billetterie payante encadrera l’accès aux différents services proposés. Tickets, abonnements et paiement électronique composeront ainsi cette nouvelle offre tarifaire. Cette réorientation vise notamment à réduire la dépendance de l’entreprise aux subventions publiques. À terme, cette autonomie financière devrait renforcer la viabilité durable du nouvel opérateur national.
Une flotte de 231 véhicules et de nouvelles activités
La nouvelle entité ne se limitera pas au seul transport de voyageurs. En outre, elle développera des activités de fret et de produits pétroliers. Pour cela, une flotte de 231 véhicules viendra renforcer la desserte quotidienne. Cette flotte couvrira aussi bien les liaisons urbaines que les trajets interurbains stratégiques. Le fret et les produits pétroliers offriront par ailleurs des revenus complémentaires bienvenus.
À travers cette réforme, le gouvernement veut bâtir un opérateur public performant. Cependant, le véritable test se jouera désormais sur le terrain opérationnel. Transformer une fusion administrative en entreprise durablement viable reste un défi majeur. Des années de difficultés ont en effet fragilisé la SOGATRA et Trans’Urb. Retards de paiement, matériel vieillissant et gouvernance instable ont longtemps miné la confiance des usagers.
In fine, la réussite de cette réforme dépendra largement de sa mise en œuvre concrète. Néanmoins, l’ambition affichée marque une étape importante pour la mobilité publique gabonaise. Reste désormais à transformer ces promesses en résultats tangibles et mesurables pour les usagers.











































