Au Centre social de Bitam, chaque journée débute par la même scène. Une file de citoyens attend écoute, accompagnement ou solutions urgentes. Pourtant, derrière ces portes marquées par la détresse sociale, une autre fragilité s’installe. Elle demeure plus silencieuse, mais tout aussi structurelle : le manque criant d’effectifs. En effet, cette pénurie s’aggrave et menace désormais la mission essentielle de cette structure du Ntem.
Officiellement, le Centre social de Bitam affiche neuf agents sur son organigramme. Toutefois, ce chiffre n’existe plus que sur le papier. Deux agents se trouvent actuellement en arrêt maladie. Ils ne peuvent donc plus assurer leurs fonctions habituelles. Par ailleurs, trois autres agents relèvent de la main-d’œuvre non permanente. Ils occupent des postes indispensables : secrétaire, femme de ménage, jardinier. Cependant, ils ne remplacent jamais les travailleurs sociaux chargés des interventions techniques. De plus, deux agents ont abandonné leur poste depuis plusieurs mois. Ce vide opérationnel demeure, à ce jour, sans solution.
Deux agents seuls pour porter tout le service
Ainsi, sur le terrain au centre social de Bitam, deux personnes seulement assurent l’essentiel des missions. Il s’agit d’un agent technique et du chef de centre, Nguéma Ndong Rodolphe. Ce dernier multiplie les déplacements, les entretiens et les interventions. Il agit ainsi pour éviter l’effondrement complet du service. Malgré tout, la charge devient chaque jour plus écrasante.
Des urgences humaines qui n’attendent pas
Chaque dossier représente en effet une urgence humaine bien réelle. Une famille traverse une crise, une personne vulnérable a besoin d’aide. Un conflit doit être apaisé, une aide doit être mobilisée. Ces missions exigent du temps et une présence constante. Or, avec une équipe réduite, la capacité d’action se fragilise dangereusement.
Le courage des agents face à l’épuisement
Cette situation met néanmoins en lumière le courage des agents restants. Ils continuent de servir avec détermination malgré l’épuisement ambiant. Aucun renfort ne vient pourtant soulager leur charge quotidienne. Ainsi, une question essentielle se pose désormais aux autorités compétentes. Combien de temps ce centre social peut-il encore tenir ?
Renforcer les équipes, un acte de solidarité urgent
Renforcer le personnel ne serait donc pas un simple ajustement administratif. Ce serait avant tout un acte de soutien envers ces agents dévoués. Chaque jour, ils portent la solidarité locale à bout de bras. Car derrière les statistiques, il y a des vies humaines en attente. Elles espèrent une écoute, un accompagnement, et parfois un peu d’espoir.







































