Le gouvernement nigérian veut stimuler la production locale de smartphones. Cette mesure vise une population encore largement sous-équipée. Seulement 27 % des Nigérians possédaient un smartphone en 2024, selon la GSMA.
Récemment, Idris Ibikunle Olorunnimbe, président de la NCC, a réaffirmé cette ambition. Lors du Digital Africa Summit à Shanghai, il a invité les fabricants internationaux. Ainsi, le Nigeria se dit « ouvert aux affaires » pour ces investisseurs. Il a également promis des exonérations et incitations aux entreprises sérieuses. Ces dernières doivent démarrer leurs travaux avant novembre prochain. Olorunnimbe promet de défendre personnellement ces dossiers auprès des autorités.
Cette annonce intervient alors que plusieurs pays africains partagent cette même ambition. Tous cherchent à réduire la barrière financière freinant l’adoption numérique. Selon la GSMA, un smartphone d’entrée de gamme coûtait 39 dollars en 2024. Ce montant représentait 26 % du revenu moyen en Afrique subsaharienne. Au Nigeria, ce prix médian est passé de 84 à 39 dollars depuis 2018. Cependant, la dévaluation du naira a largement annulé ces progrès. Pour les ménages les plus pauvres, un appareil coûte jusqu’à 73 % du revenu. Cette charge financière freine considérablement l’inclusion numérique des populations les plus vulnérables.
Un modèle industriel encore fragile sur le continent
Plusieurs projets africains d’assemblage local peinent pourtant à devenir rentables. Selon une étude rwandaise, fabriquer localement coûte 5 % de plus qu’importer. Cet écart provient des matières premières et de la main-d’œuvre coûteuse. Au Nigeria, des entreprises comme Zinox, Omatek ou Imose peinent à croître. Par conséquent, elles détiennent ensemble moins de 1 % du marché national. La GSMA pointe surtout un environnement manufacturier particulièrement contraignant. L’électricité reste chère, peu fiable, freinant durablement toute production locale.
L’Égypte, un modèle inspirant pour Abuja
Toutefois, l’expérience égyptienne prouve qu’une telle stratégie peut réussir. Le Caire a attiré Xiaomi, Samsung, Oppo, Vivo et Honor. Grâce à des incitations ciblées, un véritable écosystème industriel s’est structuré. En 2026, l’Égypte prévoit 15 millions d’appareils fabriqués localement. C’était seulement 10 millions d’unités l’année précédente, en 2025. Désormais, reste à savoir si Abuja saura convaincre ces géants mondiaux à la production locales des smartphones . Son marché intérieur, vaste et jeune, constitue un atout réel. Le monde entier observera attentivement de près cette initiative industrielle africaine ambitieuse.








































