Dans les coulisses du dénouement de la crise hydrique ayant paralysé le Grand Libreville, un nom revient sans cesse. En effet, celui de Seydou Kane s’impose dans les récits de cette séquence critique. Selon les informations rapportées par notre confrère Directinfos, ce responsable syndical aurait joué un rôle décisif. Ainsi, le président de la Fédération Nationale des Transporteurs Routiers du Gabon aurait servi d’intermédiaire. Il aurait notamment facilité le dialogue entre livreurs informels d’eau et autorités gouvernementales. Ce rapprochement a finalement permis la réintégration de ces opérateurs dans le circuit officiel.
Si l’information se confirme, elle révèle plusieurs enseignements peu flatteurs pour l’État. D’abord, elle démontre que le dispositif initial manquait cruellement de concertation. En effet, 55 véhicules avaient été bloqués sous prétexte de commerce illégal. Pourtant, ces mêmes véhicules ont été réintégrés 48 heures plus tard sous escorte officielle. Une telle volte-face ne relève pas d’une politique publique cohérente. Elle traduit plutôt une improvisation rapidement rattrapée par la réalité du terrain. Ainsi, il a fallu un intermédiaire pour rappeler l’importance vitale de ces livreurs informels.
Le poids de l’économie informelle
Par ailleurs, cette séquence révèle le poids considérable de l’économie informelle dans la survie urbaine. En effet, ces opérateurs que l’on cherchait à écarter constituent l’épine dorsale de la distribution d’eau. De nombreux quartiers non desservis par le réseau officiel dépendent entièrement d’eux. Les supprimer sans alternative crédible n’aurait donc rien résolu. Au contraire, cette décision aurait aggravé considérablement la crise existante.
Les limites d’une gestion descendante
Enfin, cette affaire expose les limites d’une gestion de crise conçue sans dialogue préalable. Comme le souligne Directinfosgabon, l’État a dû recourir à un intermédiaire syndical pour renouer le contact. Ce recours démontre qu’un dysfonctionnement s’est installé dès les premières décisions. Ainsi, la médiation improvisée est devenue nécessaire faute d’anticipation institutionnelle suffisante.
Une médiation saluée, mais questionnée
Le rôle joué par Seydou Kane mérite néanmoins d’être reconnu dans ses effets concrets. Grâce à cette intervention, des camions ont repris la route rapidement. De plus, les populations ont retrouvé un approvisionnement essentiel en eau potable. Toutefois, cette réussite soulève une question de fond importante. Dans un État fonctionnant normalement, ce type de médiation ne devrait pas s’imposer. Les opérateurs, formels ou non, auraient dû participer dès la conception du dispositif. La véritable leçon ne réside donc pas dans la capacité de correction de l’État. Elle réside plutôt dans l’urgence de bâtir des mécanismes durables de concertation collective.











































