Depuis le vendredi 15 mai 2026, la circulation a officiellement repris à Nzeng Ayong. Cet axe relie désormais le rond-point au quartier de la Mairie. Cette réouverture met fin à près d’un an de perturbations majeures. Des milliers d’usagers retrouvent enfin un itinéraire fluide dans la capitale gabonaise.
Un chantier transformé en symbole de dysfonctionnement
À l’origine, les travaux devaient durer trois mois seulement. Pourtant, la défaillance des buses a provoqué l’effondrement partiel de la chaussée. Les retards de paiement ont ensuite poussé l’entreprise adjudicataire à suspendre le chantier. Ce tronçon est ainsi devenu le symbole des grands chantiers publics abandonnés au Gabon.
Pendant cette longue période, les habitants ont dû improviser. Certains traversaient la zone sur des planches de fortune. D’autres empruntaient de longs détours dans une ville déjà saturée. L’impact économique sur les commerçants et les transporteurs a été considérable.
Insécurité et vulnérabilité urbaine aggravées
Au-delà des désagréments de circulation, le chantier abandonné a généré une insécurité persistante. Plusieurs agressions ont été signalées derrière les barrières métalliques. Ce point névralgique de Libreville est devenu un espace de vulnérabilité urbaine préoccupant pour les autorités locales.
Des travaux achevés à 95 % sous contrôle ministériel
La réouverture s’est tenue en présence du ministre des Travaux publics, Edgard Moukoumbi, et du maire Eugène Mba. Les autorités confirment un taux d’avancement de 95 %. Les caniveaux ont été curés et les infrastructures hydrauliques renforcées. Une phase d’observation de trois semaines précédera la pose définitive de l’enrobé bitumineux.
Un signal politique fort dans le bilan des 100 jours
Cette réouverture intervient dans un contexte politique sensible. Le gouvernement inscrit ce chantier dans le bilan de ses 100 premiers jours d’action. Après le traitement du point noir d’Owendo, les autorités affichent une dynamique de reconquête des routes du Grand Libreville. Edgard Moukoumbi entend démontrer une capacité concrète à répondre aux attentes des populations.
Vers des infrastructures plus résilientes pour Libreville
La crise de Nzeng Ayong a mis en lumière des fragilités structurelles profondes. Elle montre que la question des infrastructures dépasse désormais le simple cadre technique. Dans une métropole en forte croissance démographique, chaque route défaillante désorganise l’économie, la mobilité et les services publics. L’avenir de Libreville dépendra donc d’investissements résilients, bien financés et adaptés aux défis climatiques et urbains du XXIe siècle.


























