À Tchibanga, dans la province de la Nyanga, un fait divers d’une rare gravité a profondément marqué les habitants. Un nourrisson âgé d’environ trois semaines a été découvert vivant dans une église du quartier Château. Il avait passé plusieurs jours abandonné dans un sac. Cette scène bouleversante relance le débat sur la protection des nouveau-nés et l’accompagnement des mères en détresse.
Trois jours de pleurs avant l’alerte
Selon plusieurs témoins, des pleurs inhabituels résonnaient depuis près de trois jours dans l’enceinte du lieu de culte de Tchibanga. Les riverains avaient d’abord pensé à un animal ou à un bruit extérieur. Toutefois, la persistance des cris a fini par les inquiéter. Leur décision de pénétrer dans l’église a conduit à une découverte glaçante : un bébé affaibli, enveloppé dans un sac et laissé à même le sol.
Un état préoccupant, une survie miraculeuse
L’enfant, bien que vivant, présentait des signes évidents de fatigue et de déshydratation. Selon les premiers constats médicaux, sa survie après plusieurs jours d’abandon tient presque du miracle. La police de Tchibanga s’est rapidement rendue sur les lieux pour sécuriser l’espace. Les services compétents ont ensuite confié le nourrisson à la police judiciaire. Ils l’ont transporté en urgence au Centre hospitalier régional Benjamin-Ngoubou, où les équipes médicales lui assurent une prise en charge intensive. Son état, jugé préoccupant à l’admission, reste sous surveillance rapprochée. Néanmoins, les équipes médicales se montrent prudemment optimistes quant à son évolution.
Une enquête ouverte pour faire la lumière
Parallèlement aux soins, une enquête judiciaire a été ouverte. Les autorités cherchent à identifier la mère ou toute personne impliquée dans cet abandon. Elles s’efforcent également de comprendre les circonstances exactes du drame : acte désespéré, détresse psychologique, isolement social ou autre situation extrême.
Un débat relancé sur la protection des mères vulnérables à Tchibanga et au-delà
Ce nouvel épisode d’abandon de la capitale nynoise relance un débat sensible au Gabon : celui de la prise en charge des mères vulnérables. Les spécialistes de la protection de l’enfance rappellent que de nombreux cas d’abandon trouvent leur origine dans la précarité, la solitude ou une détresse psychologique non accompagnée. Il devient dès lors urgent de renforcer les dispositifs d’écoute et d’orientation. Il est également nécessaire de développer les structures d’accueil pour mères en difficulté. Enfin, des campagnes de sensibilisation sur les alternatives à l’abandon doivent être intensifiées.
La solidarité comme ultime rempart
Au-delà de l’émotion suscitée à Tchibanga, cette affaire rappelle la nécessité d’une vigilance collective. Les habitants du quartier Château en sont la preuve vivante : leur intervention a permis de sauver la vie du nourrisson. La solidarité peut, en effet, faire la différence. L’enfant est désormais hors de danger immédiat. Il devra cependant encore surmonter de nombreuses étapes. Quant à l’enquête, elle devra déterminer les responsabilités et, surtout, éclairer les raisons d’un geste aussi dramatique.


























