Interpellé le mercredi 15 avril 2026 à Libreville, l’ancien Premier ministre gabonais Alain-Claude Bilie-By-Nze se retrouve et opposant à l’actuel président de la République Oligui Nguema au cœur d’un contentieux financier vieux de dix-huit ans donc depuis 2008. Son placement en garde à vue à la Direction générale des recherches (DGR) suscite une vive controverse, mêlant questions juridiques et tensions politiques.
Une interpellation en fin de journée aux circonstances troubles
C’est aux alentours de 18 heures, à la sortie de son domicile, qu’Alain-Claude Bilie-By-Nze a été conduit par des agents des services de sécurité. La raison invoquée : une créance de 5 millions de francs CFA impayée, liée à une prestation réalisée lors de la 9ᵉ édition de la Fête des cultures en 2008, événement dont il présidait le comité d’organisation.
La prestataire impliquée, identifiée par Baba Ramatou, réclamerait le règlement d’une somme qu’elle n’aurait jamais perçue à l’issue de cet événement culturel.
La défense conteste toute responsabilité personnelle
Dans l’entourage de l’ancien chef du gouvernement, les réactions sont fermes. Ses proches rappellent que le donneur d’ordre de l’époque était l’État gabonais lui-même, via le gouvernement, et que le Trésor public portait la responsabilité du paiement. Bilie-By-Nze n’aurait fait qu’apposer sa signature dans le cadre strict de ses attributions officielles.
Cette nuance entre responsabilité fonctionnelle et responsabilité personnelle est au cœur de la contestation. Pour ses défenseurs, imputer une dette publique à un signataire individuel constitue un précédent juridique préoccupant.
Une procédure jugée irrégulière par ses proches
Au-delà du fond, c’est la forme même de l’interpellation qui fait débat. Selon des informations relayées par plusieurs médias gabonais, l’ancien Premier ministre aurait été conduit à la DGR sans convocation préalable ni dépôt de plainte formelle, une procédure inhabituelle pour un litige civil de cette nature.
L’entourage de Bilie-By-Nze s’interroge ouvertement sur le recours aux services de renseignement militaire pour régler ce qui ressemble, en apparence, à un différend financier ordinaire. La question du timing n’est pas anodine : pourquoi ressortir une affaire classée depuis près de deux décennies ?
Un contexte politique qui alimente les soupçons
L’arrestation intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Bilie-By-Nze avait pris ces dernières semaines des positions publiques tranchées, affirmant être la cible de pressions liées à ses engagements politiques en tant qu’opposant déclaré au régime en place.
Plusieurs observateurs établissent un lien entre ses récentes déclarations médiatiques et la soudaine réactivation de ce dossier dormant. Sans que ce lien soit officiellement établi, cette coïncidence de calendrier alimente les spéculations sur une instrumentalisation possible de la justice.
Aucune communication officielle à ce stade
À l’heure où ces lignes sont publiées, les autorités gabonaises n’ont fourni aucune déclaration officielle détaillée sur la nature exacte de la procédure engagée ni sur les suites judiciaires envisagées. Alain-Claude Bilie-By-Nze serait actuellement détenu au camp Roux, dans le troisième arrondissement de Libreville, siège de la DGR.
Ce silence institutionnel laisse persister une zone d’ombre autour d’un dossier qui, au carrefour du droit et de la politique, cristallise les inquiétudes sur l’indépendance de la justice au Gabon.
Sources : Gabon Media Time, Gabonreview — Article publié le 16 avril 2026


























