La suspension des réseaux sociaux au Gabon continue de provoquer une onde de choc politique. Décidée par la Haute Autorité de la Communication (HAC), la mesure est vivement contestée par le Parti démocratique gabonais (PDG). Dans une déclaration officielle signée par son secrétaire général, Noël Mesmin Kondondo, l’ancien parti au pouvoir dit avoir accueilli cette décision avec indignation, la qualifiant sans détour d’« acte liberticide » et imputant la responsabilité politique directe au régime du président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le ton du communiqué est tranchant, presque martial. Le PDG affirme que la suspension des réseaux sociaux constitue « une mesure sans précédent dans l’histoire politique et institutionnelle du Gabon indépendant ». À ses yeux, jamais le pays n’aurait connu une décision d’une telle gravité, portant une atteinte aussi frontale et délibérée à la liberté d’expression. En convoquant l’histoire nationale, le parti entend souligner la rupture symbolique opérée par cette mesure, assimilée à un verrou brutal posé sur l’espace public numérique.
Sur le plan institutionnel, le PDG estime que cette décision de suspension des réseaux sociaux heurte de plein fouet les principes démocratiques consacrés par la Constitution, notamment le libre accès à l’information et la liberté d’opinion. Les réseaux sociaux, devenus places publiques virtuelles, sont décrits comme des agora modernes où s’expriment débats, critiques et aspirations citoyennes. Les suspendre reviendrait, selon le parti, à bâillonner une société déjà en quête de repères et de transparence.
Juridiquement, la formation politique conteste avec vigueur l’argumentaire fondé sur la loi n°019/2016 du 9 août 2016 portant Code de la communication. Selon le PDG, ce texte vise des comportements individuels précis et prévoit des sanctions ciblées contre les auteurs de contenus illicites. Il ne conférerait en aucun cas à la HAC le pouvoir de suspendre, de manière générale et indéfinie, l’accès à des plateformes entières. Une telle interprétation serait, selon lui, juridiquement infondée et politiquement dangereuse, car elle ouvrirait la voie à des restrictions excessives des libertés publiques sous couvert de régulation.
Au-delà du droit, le PDG insiste sur les conséquences économiques et sociales de cette décision. Le parti fondé par Omar Bongo rappelle que des milliers d’acteurs économiques, commerçants, artisans, prestataires de services et entrepreneurs tirent l’essentiel de leurs revenus des réseaux sociaux. Pour beaucoup, ces plateformes constituent l’unique vitrine commerciale et le principal outil de survie économique.
En coupant brutalement cet accès, la suspension fragiliserait un tissu économique déjà vulnérable, affectant directement les revenus des ménages et freinant l’élan entrepreneurial, notamment chez les jeunes et les travailleurs du numérique. Dans sa conclusion, le PDG condamne avec la plus grande fermeté cette décision de suspension des réseaux sociaux, exige son retrait immédiat et appelle la classe politique, la société civile, les syndicats, les barreaux et les universitaires à défendre, par des moyens pacifiques et démocratiques, ce qu’il considère comme un droit fondamental menacé aujourd’hui.










































