Lors d’une déclaration de presse tenue à Okala ce mardi 03 février 2026 l’Observatoire Chrétien pour la Paix (OCP), par la voix de son Coordinateur général adjoint, Alain Roger Bambeda Boukomba, s’est exprimé sur la crise scolaire qui secoue le Gabon depuis décembre 2025.
Depuis le début du deuxième trimestre de l’année scolaire 2025/2026, les enseignants du pré-primaire, du primaire et du secondaire ont lancé un mouvement de grève pour réclamer de meilleures conditions de vie et la régularisation de leurs situations administratives. Ce mouvement, initié par le collectif SOS Éducation, a reçu le soutien de syndicats tels que le Sena et le Synatecpro, entraînant la fermeture totale des établissements scolaires à travers le pays.
Un protocole d’accord a été signé avec le Gouvernement, prévoyant notamment la régularisation de 4.000 situations administratives, la mise en solde de 1.800 bénévoles, de 328 stagiaires de l’ENS et de l’ENSET, ainsi que de 692 enseignants du confessionnel. Une prime d’éloignement de 50.000 francs Cfa a également été promise.
Cependant, l’OCP constate que « malgré des promesses fermes du Gouvernement de la République, l’école tarde à reprendre et fonctionne à plusieurs vitesses d’un établissement à un autre et d’une province à une autre ».
Alain Roger Bambeda Boukomba a dénoncé « le manque ou l’absence d’une action bien coordonnée et planifiée par l’Exécutif », ainsi que « la multiplication des médiateurs qui parfois échappent au contrôle du ministre de l’Éducation nationale ». Du côté des syndicats, il a pointé « la radicalisation, conséquence d’une suspicion permanente entre la base et ses représentants », et « le manque d’un esprit de dialogue caractérisé par le refus d’envoi de représentants à la commission tripartite ».
Tout en reconnaissant « la pertinence et la légitimité des points de revendication des enseignants », l’OCP a rappelé que « cette légitimité ne doit pas être un facteur bloquant au-delà de notre citoyenneté. Enseigner est avant tout une vocation sacerdotale et celui qui s’y engage doit l’exercer dans un esprit républicain, et même de sacrifice ».
L’OCP exhorte le Gouvernement à respecter ses engagements et encourage les enseignants à reprendre leurs activités pédagogiques. « La politique de la chaise vide n’a jamais porté de fruits », a insisté Bambeda Boukomba, prenant à témoin le peuple gabonais sur « le niveau de maturité de chaque partie pour le maintien de la paix sociale et la sauvegarde de cette année scolaire ».


























