Le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) a annoncé l’exclusion du Gabon du programme African Growth and Opportunity Act (AGOA) pour l’année 2026. La décision, rendue publique par communiqué officiel, ne précise toutefois pas les motifs de cette inéligibilité. Selon Direct Infos Gabon, cette annonce intervient dans un contexte paradoxal de renforcement des échanges commerciaux entre les deux pays.
L’AGOA permet aux pays éligibles d’exporter vers les États-Unis plus de 1 800 produits en franchise de droits, en complément des 5 000 produits déjà couverts par le Système généralisé de préférences. Les critères d’admission reposent notamment sur le respect de l’état de droit et du pluralisme politique, la progression vers une économie de marché, la lutte contre la corruption et la protection des droits humains, ainsi que l’élimination des obstacles au commerce américain.
Une exclusion aux conséquences économiques
Selon Direct Infos Gabon, cette décision contraste avec la dynamique positive des échanges bilatéraux et représente un manque à gagner considérable pour l’économie gabonaise.
Les échanges de biens et services entre le Gabon et les États-Unis ont atteint 426,2 millions de dollars en 2024, soit une hausse de 23,1 % par rapport à 2023. Le commerce de biens s’est établi à 342,2 millions de dollars, avec des exportations américaines vers le Gabon de 170,6 millions de dollars (-5,3 %) et des importations américaines depuis le Gabon de 171,6 millions de dollars (+114,5 %). Cette évolution se traduit par un déficit américain de 1,1 million de dollars en 2024, contre un excédent de 100,1 millions de dollars en 2023.
Le commerce de services a, quant à lui, atteint 84 millions de dollars. Les exportations américaines se sont élevées à 53 millions de dollars (-3,6 %), tandis que les importations gabonaises sont restées stables à 31 millions de dollars. L’excédent américain s’établit ainsi à 22 millions de dollars, en baisse de 12 %.
L’exclusion du Gabon de l’AGOA intervient donc paradoxalement dans un contexte de renforcement des échanges bilatéraux, porté notamment par la hausse spectaculaire des importations américaines de produits gabonais. Elle soulève des interrogations sur les critères appliqués par Washington et sur les perspectives futures de coopération économique entre Libreville et les États-Unis.


























