L’arrestation d’Aimé Marcel Ndouly, interpellé le 29 janvier à Moanda pour usurpation de titre, vol et escroquerie, met en lumière les dérives qui gangrènent les zones aurifères du Haut-Ogooué. Derrière l’apparence d’un employé ordinaire d’une société de sous-traitance se cachait un « faux agent » de la Direction générale des services spéciaux (DGSS) qui, avec un complice en fuite, avait mis sur pied un système de racket visant les orpailleurs clandestins de Botosso.
Le mode opératoire de Ndouly révèle une exploitation cynique de la peur inspirée par l’uniforme. En se présentant comme agent de la DGSS, il instaurait un climat de terreur dans les campements d’orpailleurs, extorquant téléphones portables et or. Le butin de ses dernières opérations – cinq appareils et huit grammes d’or évalués à 560 000 FCFA – témoigne d’une activité certes limitée en volume, mais significative par son impact psychologique et social. L’implication d’un ancien militaire radié, Éric Soussibari, ajoute une dimension inquiétante : celle d’une criminalité organisée, structurée autour d’une logistique efficace, avec véhicule et réseau local.
Au-delà de l’escroquerie, cette affaire révèle les failles de la gouvernance dans les zones minières. La mention d’une possible complaisance de notables locaux interroge sur la porosité entre exploitation illégale et réseaux de pouvoir. Elle met en évidence la difficulté de l’État à contrôler des territoires enclavés où l’orpaillage clandestin prospère.
L’action de la DGSS mérite d’être saluée pour sa réactivité et sa détermination à restaurer l’autorité de l’État. En démantelant ce réseau, elle envoie un signal fort : l’usurpation de titre et l’exploitation illégale ne resteront pas impunies. Toutefois, cette arrestation ne doit pas masquer l’urgence d’une stratégie plus globale. La sécurisation des zones aurifères, la régulation de l’orpaillage et la lutte contre les complicités locales doivent devenir des priorités.
Cette affaire, loin d’être un simple fait divers, illustre la nécessité d’un État vigilant et structurant, capable de protéger ses ressources et ses citoyens. Si la justice suit son cours, elle pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’économie parallèle qui fragilise l’autorité publique et mine la confiance des populations.

























