Libreville, le 30 janvier 2026- Quand c’est bien, il faut savoir le dire sans détour, sans calcul et sans timidité. L’invitation adressée à Eddy Minang par l’Ambassade de France au Gabon pour animer un atelier de formation des officiers de police judiciaire au commandement en chef de la police nationale, sur le thème hautement sensible de l’enquête judiciaire en matière de blanchiment des capitaux, mérite d’être saluée avec clarté et intelligence.
Ce n’est pas un simple fait divers institutionnel. C’est un signal.
Eddy Minang n’est pas un nom sorti de nulle part. Dans l’opinion publique, il incarne désormais cette figure devenue rare : le magistrat qui travaille, qui creuse, qui documente, qui résiste au bruit et préfère la rigueur à la posture. Le feuilleton judiciaire surnommé « un bonus qui valait 2 milliards » n’a pas marqué les esprits par son tapage, mais par ce qu’il révélait : la possibilité, enfin crédible, d’une justice gabonaise qui s’attaque aux circuits financiers opaques, là où se cachent les vrais centres de gravité du pouvoir et de la corruption.
Qu’un tel profil soit sollicité pour former des OPJ sur le blanchiment des capitaux n’est pas anodin. Cela signifie que l’on reconnaît, au-delà des frontières, une compétence technique, une maîtrise des mécanismes financiers complexes, et surtout une éthique de l’enquête. Former sur le blanchiment, ce n’est pas apprendre à remplir des procès-verbaux ; c’est apprendre à suivre l’argent, à lire entre les lignes comptables, à comprendre que les crimes modernes portent des costumes propres et circulent par virements.

Alors, que devons-nous retenir pour la Ve République ?
D’abord, que la rupture ne se décrète pas, elle se pratique. Elle commence quand l’État valorise le savoir, la méthode et le courage professionnel, plutôt que l’allégeance ou le bruit médiatique. Ensuite, que la lutte contre l’impunité ne passera pas uniquement par des discours martiaux, mais par la montée en compétence réelle de ceux qui enquêtent, instruisent et jugent. Enfin, que la crédibilité internationale d’un pays se construit aussi par ses hommes et ses femmes de dossier, ceux qui savent transformer le droit en outil d’assainissement public.
Cette initiative rappelle une vérité simple et souvent oubliée :
une République ne se refonde pas avec des slogans, mais avec des procureurs qui comprennent la finance, des policiers formés à la complexité du crime économique, et des institutions qui acceptent enfin d’aller là où l’argent pensait être invisible.
Oui, quand c’est bien, disons-le tout haut.
Et quand le travail est sérieux, saluons-le sans jalousie.
Bravo pour le travail abattu, monsieur le Professeur Eddy Minang.
La République a besoin de moins de bruit, et de beaucoup plus de compétence.

























