Le PDG des Ciments de l’Afrique Gabon (CIMAF), El Mehdi Janah Idrissi, a annoncé hier mardi, à l’issue d’une audience avec le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, un investissement de 27 milliards de FCFA destiné à augmenter la production de ciment au Gabon. Cet engagement, qui vise à booster la capacité de production à 1,85 million de tonnes, survient dans un contexte où le gouvernement gabonais a décidé de mettre fin à l’importation de clinker marocain d’ici 2027.
Cet investissement, bien qu’annoncé comme une avancée, soulève plusieurs questions sur la stratégie à long terme de CIMAF et sur la dynamique du marché du ciment au Gabon. Actuellement, la demande nationale est estimée à environ 900 000 tonnes par an, ce qui laisse entrevoir un surplus de production potentiel. Ce scénario pourrait entraîner une baisse des prix, mais également une surcapacité qui mettrait en péril la rentabilité de l’entreprise.
D’un autre côté, cette décision d’investir dans la production locale pourrait être interprétée comme une réponse à la pression exercée par le gouvernement. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a clairement exprimé sa volonté de revoir les contrats jugés déséquilibrés, ce qui a conduit CIMAF à envisager une plus grande autonomie dans sa production. Cependant, cette contrainte pourrait masquer une opportunité de transformer le marché du ciment gabonais en un secteur plus compétitif.
Il est également crucial de considérer les implications environnementales de l’ouverture d’une nouvelle carrière de clinker. La durabilité et la responsabilité écologique doivent être au cœur de cette expansion, afin d’éviter des conséquences néfastes sur l’environnement local.
En outre, l’arrivée de nouveaux acteurs, notamment un groupe chinois, pourrait intensifier la concurrence dans le secteur. Cela pourrait être bénéfique pour les consommateurs, qui pourraient bénéficier de prix plus bas, mais cela nécessite également une régulation stricte pour garantir des conditions de travail équitables et des standards environnementaux.
L’investissement de CIMAF de 27 milliards de FCFA représente une étape significative vers l’autosuffisance en ciment au Gabon. Toutefois, pour que cet engagement se traduise par un véritable développement économique, il est impératif que le gouvernement et l’entreprise travaillent ensemble à la mise en place d’un cadre réglementaire solide qui protège à la fois l’économie locale et l’environnement.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumb


























