Le temps, à Lébamba, semble s’être arrêté. Sur l’axe menant du marché de la ville au célèbre hôpital de Bongolo de Lébamba, les travaux engagés depuis plus de dix mois avancent à pas de limace. Les habitants des quartiers Makombo et Dakar observent, impuissants, un chantier qui donne l’impression de n’avoir jamais réellement démarré.
Les rares traces visibles quelques caniveaux esquissés, des passages piétons à peine dessinés ressemblent davantage à des mirages qu’à des preuves tangibles de progrès. Pour la majorité des riverains, la frustration est immense. L’entreprise Saba, chargée du projet, est-elle simplement incompétente ou prisonnière des vieilles pratiques héritées d’un régime où les chantiers servaient trop souvent de prétexte à des festins financiers?
Entre financement et “partage de gâteau”
Certains évoquent un problème de financement, d’autres parlent sans détour d’un “partage de gâteau”. Ce projet, censé insuffler un souffle nouveau à la localité, semble être devenu pour certains fils et filles de la contrée une opportunité de s’enrichir au détriment du bien-être collectif.
Un habitant confie, amer : « Rien ne démarre sans que chacun ait pris la part qui lui revient. »
Ces pratiques d’un autre temps continuent de freiner le développement de nos localités. Les pseudo-notables, autoproclamés “tout-puissants”, ont trop souvent transformé les budgets publics en butins privés, laissant derrière eux des routes inachevées et des populations abandonnées.
De Moabi à Mayumba, d’Omboué à Pana, le constat est identique : des chantiers lancés avec tambours et trompettes, puis engloutis dans la lenteur, la négligence et les détournements. Lébamba, chef-lieu du département de la Louetsi Wano, aspire pourtant à un véritable changement.
Il est impératif que les autorités rappellent à l’ordre ceux qui, dans cette nouvelle République, continuent de détourner les fonds alloués. Si la lenteur des travaux trouve son origine dans ces comportements déviants, alors il est urgent que l’État reprenne la main.
Car Lébamba mérite de se développer. Les habitants méritent de voir surgir, enfin, une route digne de ce nom vers l’hôpital de Bongolo, symbole de vie et d’espoir.
Aujourd’hui, plus qu’un chantier, c’est une bataille pour la dignité et le droit au développement qui se joue sur l’axe Lébamba Bongolo.


























