Ce lundi 1er décembre 2025, le Tribunal judiciaire de Paris ouvre une audience cruciale dans l’affaire opposant l’entrepreneur gabonais Ernest Akendengue-Tewelyo, fondateur d’E-Doley Finance, au groupe bancaire BGFI, dirigé par Henri-Claude Oyima, ministre de l’Économie et des Finances. Ce conflit, né en 2013 avec la création conjointe de l’application de paiement mobile « e-Doley Cash by BGFIBank », soulève des questions fondamentales sur la transparence et la crédibilité du système financier gabonais.
Après la rupture du partenariat, BGFI a lancé une application similaire, entraînant des accusations de plagiat de la part d’E-Doley. La situation s’est exacerbée, devenant un contentieux international qui met en lumière des incohérences dans les déclarations des deux parties. En 2019, Oyima a affirmé que le tribunal parisien avait débouté E-Doley, mais les faits révèlent une réalité différente : la Cour d’appel de Paris a confirmé sa compétence pour juger l’affaire, et la procédure est toujours en cours.
Des experts judiciaires ont été nommés pour comparer les deux applications. Leurs conclusions indiquent que BGFI a reproduit techniquement l’application d’E-Doley à 100 %. Toutefois, la Cour d’appel de Libreville a annulé ces expertises en invoquant un contrat avec une société sénégalaise, qui s’est révélée fictive. Cette découverte, associée à des documents douteux produits par BGFI, soulève des doutes quant à la véracité des affirmations de la banque.
L’affaire prend une tournure encore plus troublante lorsque l’on constate que BGFI présente des versions divergentes selon les juridictions. En France, la banque affirme avoir collaboré avec un prestataire tunisien, tandis qu’au Gabon, elle évoque un prestataire sénégalais. Ces contradictions mettent en lumière des incohérences qui pourraient nuire à la réputation de BGFI, déjà en pleine préparation pour son introduction en bourse.
BGFI a également saisi la Cour constitutionnelle du Gabon, une démarche inhabituelle pour un conflit commercial. Cela soulève des soupçons sur une tentative de retarder le processus judiciaire et de déplacer le débat sur un terrain politique. Les spécialistes du droit s’inquiètent de cette manœuvre, qui pourrait établir un précédent dangereux pour les affaires au Gabon.
Alors que l’audience à Paris s’ouvre, toutes les pièces du puzzle, le partenariat initial, les expertises annulées, la société fantôme et les incohérences dans les déclarations de BGFI, seront examinées. Cette affaire pose des questions essentielles sur l’intégrité du système financier gabonais et la transparence des entreprises, alors même que BGFI se prépare à entrer en bourse. Les implications de ce litige pourraient avoir des répercussions profondes sur la confiance des investisseurs et l’image du secteur bancaire au Gabon.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi











































