La visite d’Emmanuel Macron au Gabon, ce dimanche 23 novembre, intervient deux ans après la fin de l’ère Bongo et s’inscrit dans un moment charnière pour les relations franco-gabonaises. Arrivant à Libreville à 17 h 30, le président français entend « saluer le parachèvement de la transition » et « soutenir » les autorités issues du putsch de 2023, désormais légitimées par l’élection du général Brice Oligui Nguema en avril dernier, selon Le Monde avec AFP.
L’Élysée évoque une volonté de « renforcer et renouveler » le partenariat bilatéral, tandis que la présidence gabonaise met en avant « un dialogue désormais fondé sur des échanges d’égal à égal ». Pour Libreville, cette visite d’Emmanuel Macron marque une rupture symbolique avec une histoire marquée par « la Françafrique », autrefois incarnée par Omar Bongo, qui régna plus de quarante et un ans et dont le système reposait sur des « réseaux et chasses gardées commerciales ».
Contrairement à d’autres nations africaines qui se sont éloignées de Paris, le Gabon a choisi de maintenir sa coopération militaire. Après sa prise de pouvoir, le général Oligui a reconduit pour deux ans l’accord de défense avec la France, qui devra être avalisé à nouveau en janvier. Toutefois, la présence française a été drastiquement réduite : « une centaine d’hommes » aujourd’hui, loin des 1 200 déployés dans les années 2000. L’effort porte désormais sur la formation des forces gabonaises, avec l’installation au camp de Gaulle d’une académie dédiée à la protection de l’environnement, à la lutte contre le braconnage et contre l’orpaillage illégal.
Sur le plan économique, la France reste un acteur majeur. Les entreprises hexagonales espèrent consolider leur position dans un pays « riche en hydrocarbures, en manganèse et en bois ». Mais l’économie demeure « insuffisamment diversifiée », avec une forte dépendance au pétrole, en dépit d’un PIB par habitant parmi les plus élevés d’Afrique subsaharienne. Un Gabonais sur trois vivait encore sous le seuil de pauvreté en 2024, rappelle la Banque mondiale.
L’Agence française de développement accompagne en parallèle le vaste chantier de réhabilitation du Transgabonais, dont « 270 kilomètres de rails et traverses » doivent être remplacés d’ici 2027, un défi technique majeur face aux « sols instables » et à la densité forestière.
Emmanuel Macron, qui déclarait en 2023 que l’ère de la « Françafrique » était « révolue », veut poursuivre une relation « gagnant-gagnant », tournée vers la jeunesse, les économies émergentes et une coopération plus équilibrée.







































