Dernièrement, un événement digne d’un scénario de film a secoué le secteur minier gabonais : la disparition mystérieuse d’un navire, le « Jacob H », chargé de près de 48 000 tonnes de manganèse, dans la nuit du 8 au 9 novembre 2025, au Port minéralier d’Owendo (OMP). Face à l’ampleur de la cargaison, la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), pilier de l’exploitation du manganèse, s’est empressée de publier un communiqué pour se dissocier formellement de cette affaire.
La déclaration de Comilog est cruciale : elle confirme que le minerai volé ne provient d’aucun de ses sites. Cette précision est essentielle, car Comilog, filiale d’Eramet, domine le marché, exploitant la mine de Moanda et étant le premier employeur privé du pays. En écartant le géant minier, l’enquête se recentre sur la logistique portuaire et les autres acteurs du secteur.
L’aspect le plus troublant réside dans les modalités du vol. Comment un navire de cette taille, transportant une marchandise aussi lourde et précieuse, a-t-il pu quitter le port sans que les systèmes de sécurité ou les autorités portuaires ne réagissent immédiatement ? Cela suggère une organisation méticuleuse, voire une complicité interne.
Les premières informations, révélées par « Gabon D’Abord », orientent les soupçons vers un « hold-up » impliquant un homme d’affaires chinois sulfureux. Ce dernier aurait orchestré l’opération en bénéficiant de la complicité de fonctionnaires au sein de la Marine marchande. Si ces allégations sont avérées, cela révèle une faille sécuritaire et administrative majeure au sein de l’OMP, une infrastructure vitale pour l’exportation des ressources gabonaises.
Ce « gangstérisme » maritime met en lumière une vulnérabilité systémique. La cargaison de manganèse, dont la valeur brute est considérable, représente non seulement une perte sèche pour le propriétaire légitime, désormais à identifier, mais aussi un sérieux préjudice d’image pour la gestion des infrastructures portuaires gabonaises sur la scène internationale. L’enquête devra déterminer comment le « Jacob H » a pu charger une marchandise non déclarée ou détournée, et comment il a pu ensuite disparaître sans laisser de trace visible avant que l’alerte ne soit donnée.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi












































