À Ntoum, le théâtre politique s’est couvert d’un voile d’ombres et de murmures. Les projecteurs se braquent sur le Parti démocratique gabonais (PDG) et sa candidate Camélia Ntoutoume Leclercq, cible des tirs croisés de l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB), de l’Union nationale et d’un candidat indépendant. Le 18 octobre 2025 s’annonce comme un jour d’orage électoral, où les accusations crépitent comme des éclairs : Brice Clotaire Oligui Nguema aurait-il, tel un chef d’orchestre invisible, dirigé une symphonie de fraude en utilisant les mêmes scrutateurs et le même collège électoral pour le référendum et la présidentielle ?
Les détracteurs, anciens compagnons du PDG devenus procureurs, brandissent des dossiers cousus de fil blanc. Leurs mots sont des flèches trempées dans le soupçon : « tricherie », « duplicité », « manipulation ». Ces voix qui jadis chantaient à l’unisson du PDG, se dressent aujourd’hui en chœur accusateur. La liste des scrutateurs devient, dans leur récit, la baguette magique d’un pouvoir qui refuserait de lâcher prise. Pourtant, ces agents électoraux ont été formés pour garantir la rigueur des scrutins, et leur sélection émane de la Commission électorale, non d’un parti politique quelconque.
Mais les accusations, telles des vagues, frappent un autre rivage : Meyang, ce village au destin électoral tourmenté, serait devenu le symbole de la manipulation selon les partisans du président Oligui. Neuf bureaux de vote pour la présidentielle d’août 2023, pour le référendum de novembre 2024 et pour la présidentielle d’avril 2025 ; mais seulement huit pour les législatives du 27 septembre 2025. Pour l’UDB et ses alliés, cette baisse d’un chiffre résonne comme un cri de fraude. Ce n’est plus une simple différence administrative, mais la mèche d’une colère prête à embraser les esprits.
L’ombre d’Oligui Nguema plane sur ces rumeurs comme un fantôme d’urne en urne. Ses opposants peignent son image en stratège du silence, tirant les ficelles d’un théâtre où tout serait écrit d’avance. Le score « soviétique » de la présidentielle et le triomphe du « OUI » au référendum seraient, selon eux, les fruits d’une machination subtile, orchestrée par des scrutateurs jugés « partisans ». Dans ce récit à la fois politique et symbolique, Bilie By Nze, Réagir et les partisans du NON apparaissent tels des pèlerins trahis sur le chemin du scrutin.
Les adversaires d’hier et d’aujourd’hui murmurent la même rengaine : les scrutateurs du PDG seraient les doigts d’une main invisible qui redistribue les voix au gré du vent partisan. Pourtant, à Ntoum, ce ne sont pas des étrangers venus de nulle part qui votent, mais des citoyens enracinés, des électeurs fidèles à leur terre. Le paradoxe de ces attaques éclaire une ironie mordante : Oligui Nguema, jadis encensé, se verrait aujourd’hui transformé en coupable idéal, victime et bourreau d’une même légende.
lorsque ses partisans organisent des accusations qui conduiraient à la remise en cause de son élection ?
Dans cette tempête d’accusations, chaque scrutin devient un champ de bataille symbolique, chaque urne un coffre au trésor convoité. Les scrutateurs, figures discrètes d’une démocratie chancelante, sont à la fois gardiens du vote et instruments d’un soupçon collectif.
Et la question, suspendue comme une épée au-dessus de Ntoum, demeure : Oligui Nguema est-il l’architecte d’un grand stratagème ou le prisonnier d’une campagne politique mal formulée par son parti l’UDB ? Dans ce jeu d’échecs électoral, chaque pion, chaque scrutateur, chaque voix semble compter double, entre vérité et illusion, entre justice et mirage politique.










































