Libreville, 16 septembre 2025 – Au cœur des négociations entre l’État et les enseignants, une nouvelle étape vient d’être franchie. Ce mardi, le cabinet de la ministre d’État à l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, a accueilli une séance de travail décisive avec le Syndicat des Enseignants de l’Éducation Nationale (SENA). L’air y avait le parfum d’une forge où se martèlent patience, rigueur et compromis.
Conduite par le secrétaire général intérimaire du SENA, Magloire Mamiaghe, la délégation syndicale a posé sur la table l’épais dossier du préavis de grève déposé le 4 septembre dernier. Comme des artisans consciencieux, administration et partenaires sociaux ont manié les outils de la discussion pour dresser un état des lieux précis. Les résultats commencent à émerger : 136 arrêtés, impactant 5 798 agents, ont été signés et attendent d’être ventilés dans les jours à venir, après tri et organisation par la Direction des Ressources humaines.
Sur le chantier des rappels de solde 2024-2025, le tableau n’est pas moins significatif : 8 841 dossiers ont été transmis à la Solde. Un pas de plus dans la longue marche vers la régularisation administrative d’environ 26 000 agents du ministère.
« Le 04 septembre nous avons déposé un préavis de grève et le 05 nous avons été reçus par Madame la ministre. Ensemble, nous avons arrêté un chronogramme de travail », a rappelé Magloire Mamiaghe. Dans son propos, le mot “travail” revient comme le refrain d’un forgeron qui répète son geste au rythme de l’enclume. Il souligne que si les premiers résultats sont palpables, le processus doit être suivi avec constance : « Un texte signé est une chose, mais l’effet financier en est une autre. »

La rencontre a également permis de mettre en place un comité de suivi, véritable table ronde où se croiseront désormais le SENA, d’autres syndicats du secteur, ainsi que l’administration. Ce comité, décrit comme la “clef de voûte” du processus, se réunira chaque fin de mois pour évaluer les avancées et relancer la mécanique si nécessaire.
En toile de fond, une volonté partagée s’affirme : transformer les tensions sociales en un espace de négociation constructive. À l’image de maçons rebâtissant pierre après pierre une maison commune, syndicats et gouvernement veulent faire de l’école gabonaise un édifice solide.
« Nous sommes au début, mais les fondations sont là », a conclu Magloire Mamiaghe, traduisant ainsi l’esprit de ce dialogue. Le chemin reste long, mais la machine est lancée.


























