Le Burkina Faso a franchi un tournant législatif majeur en matière de droits humains. Le 1er septembre 2025, l’Assemblée législative de transition a adopté à l’unanimité une loi criminalisant les « pratiques de l’homosexualité », introduisant des peines de prison allant de deux à cinq ans, assorties d’amendes. Les ressortissants étrangers reconnus coupables s’exposent, en plus, à une expulsion du territoire.
Cette disposition s’inscrit dans une réforme plus large du code des personnes et de la famille, qui redéfinit également les conditions d’accès à la nationalité burkinabè par mariage désormais soumise à une durée minimale de cinq à sept ans et légalise les mariages religieux et coutumiers. Ces mesures traduisent la volonté du gouvernement de transition, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré depuis le coup d’État de septembre 2022, d’affirmer une politique souverainiste et conservatrice, souvent en rupture avec les standards internationaux.

La criminalisation de l’homosexualité intervient dans un climat social déjà marqué par des restrictions. En août 2023, le Conseil supérieur de la communication avait interdit la diffusion de contenus audiovisuels jugés favorables à l’homosexualité, renforçant un discours officiel hostile aux minorités sexuelles.
Jusqu’à présent, l’homosexualité n’était pas explicitement réprimée par la loi burkinabè, bien qu’elle soit largement stigmatisée dans la société. Avec cette nouvelle législation, le Burkina Faso rejoint une trentaine de pays africains où les relations entre personnes du même sexe sont pénalement poursuivies.
Les organisations de défense des droits humains, telles que Human rights watch et Ilga world, dénoncent une régression inquiétante des libertés individuelles et appellent la communauté internationale à réagir. Cette loi pourrait également avoir des répercussions diplomatiques, notamment sur les relations du Burkina Faso avec ses partenaires occidentaux, souvent engagés dans la promotion des droits LGBTQ+.
Dans un contexte régional tendu, cette décision illustre une dynamique politique où les enjeux identitaires et souverainistes prennent le pas sur les principes universels des droits humains.


























