Il y a des nouvelles qui, par leur récurrence et leur gravité, dressent un portrait douloureux de notre Afrique. La récente décision du Conseil constitutionnel du Cameroun, rejetant le dossier du professeur Maurice Kamto et les recours du Manidem, n’est pas une simple affaire juridique ; c’est un symptôme alarmant, une blessure infligée à l’espoir démocratique d’un peuple, et par extension, à l’image d’un continent qui peine à se libérer des chaînes de l’arbitraire.
Comment ne pas ressentir une profonde indignation, une tristesse mêlée de consternation, face à ce spectacle qui se répète, où les voies de l’alternance et de l’expression populaire semblent systématiquement obstruées ?
C’est pathétique de voir, encore et toujours, des processus électoraux, censés être le reflet de la volonté populaire, se transformer en parcours d’obstacles semés d’embûches pour ceux qui osent défier le statu quo. Le rejet du dossier de Maurice Kamto, figure politique reconnue et respectée, prive le Cameroun d’un débat démocratique potentiellement riche et nécessaire. Cela renforce le sentiment que les règles du jeu sont souvent écrites par ceux qui détiennent le pouvoir, pour leur propre conservation, plutôt que pour garantir une compétition juste et équitable.
L’argument de la nécessité de respecter les institutions, bien que fondamental en théorie, sonne creux lorsque ces mêmes institutions sont perçues comme des instruments au service d’un agenda politique particulier. Quand les décisions judiciaires contredisent l’élan populaire et l’aspiration à un changement légitime, c’est la confiance dans le système qui s’effrite. Et cette érosion de la confiance est peut-être le mal le plus profond qui ronge notre continent, alimentant le désespoir et le cynisme.
Cette situation au Cameroun, avec Maurice Kamto, n’est malheureusement pas isolée. Elle résonne avec les mêmes échos rencontrés dans d’autres nations africaines, où les scrutins sont souvent marqués par des contestations, des manipulations et des exclusions qui sapent la légitimité des gouvernants et la vitalité de la démocratie. Il est temps que l’Afrique se réveille de ce sommeil de la résignation. Il est temps que les peuples africains exigent des processus électoraux transparents, inclusifs et respectueux de la souveraineté populaire. Car c’est dans la capacité à organiser des élections libres et justes que réside la véritable force d’une nation, et la promesse d’un avenir meilleur pour tout un continent. L’indignation, doit se transformer en action, en une exigence collective pour que l’Afrique puisse enfin écrire sa propre histoire, celle d’une démocratie vivante et vibrante.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi





















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