Alors que plusieurs quartiers de Libreville se parent de ponts modernes en béton, témoins du progrès urbain, d’autres zones restent cruellement à la traîne. Le contraste est saisissant : là où certains peuvent traverser leurs avenues en toute sécurité, d’autres affrontent chaque jour des infrastructures délabrées, dignes d’un autre temps. Le cas du passage Mebiame vers l’échangeur de Nzeng Ayong à Libreville en est une illustration frappante.
Ce pont, véritable goulet d’étranglement pour les citoyens, est un calvaire quotidien pour les riverains de ces deux quartiers de Libreville. Les planches instables, les espaces béants et l’absence de garde-corps exposent piétons et automobilistes à des risques permanents. Tout récemment, un vieillard a chuté lourdement en tentant de le traverser. Par chance, il s’en est sorti indemne. Mais combien de fois faudra-t-il frôler le drame avant que les autorités réagissent ?
Avec la saison pluvieuse qui s’annonce, ce point de passage deviendra un véritable piège pour les habitants de la Cité Mebiame. Les eaux, déjà mal évacuées, rendront le trajet encore plus dangereux, voire impraticable. Il est impensable que ce pont reste dans cet état alors qu’il est quotidiennement emprunté par des milliers de personnes.
Les habitants des quartiers oubliés ne demandent pas des miracles : seulement le droit de vivre et circuler en sécurité, comme tous les citoyens. Le retard des travaux dans cette zone interpelle. C’est une question de dignité, de justice et surtout de vie.
Les modernisations visibles dans d’autres quartiers de Libreville montrent que les moyens existent. Il est temps de les diriger vers ceux qui en ont le plus besoin. L’échangeur de Nzeng Ayong ne doit pas devenir un symbole d’injustice, mais celui d’un réveil politique. Avant que les premières gouttes ne tombent, que les premiers gestes soient posés.


























