Dans la dynamique province de la Nyanga, là où la vie suit son cours avec une certaine légèreté, un édifice se dresse, majestueux et… désespérément incomplet. Oui, on parle bien de ce chantier colossal, ce projet de Palais présidentiel qui, depuis plus de près quinze ans, défie le temps et les budgets au cœur de Tchibanga. Imaginez : un bâtiment digne d’une résidence présidentielle, sorti de terre, imposant, mais dont le chantier semble avoir été mis en pause… pour l’éternité. C’est un peu comme commander un plat gastronomique et recevoir une assiette vide, mais avec une vue imprenable sur la cuisine !
Ce qui est fascinant, c’est cette capacité gabonaise à lancer des projets pharaoniques qui, une fois la première pelletée de terre effectuée, semblent perdre leur âme et leur achèvement. Ce palais présidentiel inachevé est le parfait exemple. On le voit, on le touche presque, mais il reste un rêve inaccompli, une promesse en suspens. On murmure que le système précédent aurait sa part de responsabilité, mais aujourd’hui, les habitants de Tchibanga veulent des faits, pas des excuses. Ils veulent voir ce squelette de béton prendre vie, pas rester un éternel chantier à ciel ouvert.
Et le plus cocasse dans tout ça ? On construit une « Présidence » pour un président qui, traditionnellement, n’y réside pas. C’est un peu comme acheter une Ferrari pour la laisser au garage, avec le moteur démonté. Pathétique, n’est-ce pas ? Surtout quand on sait que la jeunesse de Tchibanga rêve d’une université, d’un lieu de savoir qui pourrait non seulement changer leur avenir, mais aussi soulager la capitale de sa surpopulation étudiante à a Libreville, un projet concret, utile, qui transformerait ce monument Palais présidentiel de Tchibanga à l’inachèvement en un phare d’opportunités.
Ce chantier, qui a déjà englouti une somme astronomique sans jamais atteindre sa ligne d’arrivée, pourrait enfin devenir le symbole d’une administration proactive. Il est temps de réveiller ce géant endormi ! On lance un appel aux autorités en place : regardez ce chantier ! Il est là, il est gigantesque, mais il est surtout, et c’est là le nœud du problème, inachevé. Donnons-lui une nouvelle vocation, une utilité réelle. Car laisser un tel projet en l’état, c’est un peu comme avoir le gâteau, mais ne jamais pouvoir le manger. Et ça, pour les Gabonais, c’est une recette trop familière.
Par Yann Yorick Manfoumbi, journaliste stagiaire


























