Une réunion d’urgence s’est tenue dans la salle de conférence du cabinet du ministre d’État à l’Éducation nationale, à l’Instruction civique et à la Formation professionnelle. Présidée par Camelia Ntoutoume Leclercq, cette rencontre a réuni les membres de son cabinet ainsi que les représentants des associations des parents d’élèves (APE) sur les violences scolaires.
Face à la diffusion de trois vidéos montrant des violences en milieu scolaire, que la ministre d’État qualifie de « trop », il était devenu impératif de réunir les représentants des APE pour former un front commun, en vue de trouver les voies et moyens permettant d’éradiquer ce fléau qui gangrène les établissements de Libreville, tout en veillant au respect du calendrier scolaire.
Les trois cas récents cas de violences scolaires ont profondément choqué l’opinion. D’abord à l’Immaculée Conception, où une élève a été filmée en train de s’acharner sur une camarade après les cours. Camelia Ntoutoume Leclercq s’est rendue dans l’établissement les jours suivants pour sensibiliser les élèves. Ensuite, au lycée de Sibang, une altercation s’est produite à l’extérieur, mais impliquant des élèves en uniforme, ce qui a immédiatement suscité des accusations de violence scolaire. Enfin, au lycée Mikolongo, à la sortie des classes, des personnes extérieures ont pénétré dans l’établissement pour tenter d’agresser un élève. Ses camarades ont alors formé un bloc autour de lui, utilisant tout ce qu’ils avaient sous la main pour repousser les agresseurs.
Cette initiative de la ministre d’État Camelia Ntoutoume Leclercq illustre une volonté partagée de trouver des solutions pragmatiques à une situation de plus en plus problématique.
« Comme à l’accoutumée, madame le ministre d’État nous a réunis pour discuter des questions liées au calendrier scolaire et aux violences en milieu scolaire. Ensemble, nous avons échangé sur ces problématiques majeures. En tant que parent et responsable d’une fédération, je pense qu’ensemble, nous pouvons les résoudre de manière pérenne si tout le monde y met du sien », a déclaré René Mezui Menie, président de la Fédération nationale des associations des parents d’élèves et étudiants du Gabon.
Plusieurs acteurs sont concernés : les parents d’élèves réunis en fédérations, les enseignants dans leurs syndicats, et l’administration. Si tous s’unissent, des solutions concrètes peuvent être mises en œuvre.
« Nous voulons que cette année s’achève dans les meilleures conditions. C’est pourquoi nous accompagnerons le ministère de l’Éducation nationale afin de résoudre ce problème, au moins en partie. Mais ce que nous souhaitons surtout, c’est qu’il y ait des assises », a confié de nouveau René Mezui Menie.
D’après les retours reçus par Camelia Ntoutoume Leclercq, la présence policière a eu un effet dissuasif. « Ce n’est plus ce que l’on voyait il y a deux ans. La présence policière a contribué à faire baisser les violences », a-t-elle souligné.
Par ailleurs, la ministre a affirmé que les cours se termineront le 7 juin, pas avant. Elle a mandaté l’inspecteur général des services pour vérifier sur le terrain le respect de ce calendrier. « Nos élèves ont déjà eu trois semaines de vacances durant lesquelles ils étaient à la maison. Il faut que les cours se terminent normalement afin qu’ils aient assimilé un maximum de leçons. Le calcul des notes a déjà commencé pour certains, et nous veillerons à ce que le calendrier scolaire soit respecté », a déclaré Camelia Ntoutoume Leclercq.
Enfin, un point crucial a été soulevé : le déni parental des violences scolaires. Il est essentiel que chaque parent prenne conscience de son rôle fondamental dans l’éducation de son enfant. La démission parentale ouvre la porte à de nombreux dérapages. Comment en est-on arrivé là ? Les élèves vont jusqu’à agresser leurs enseignants. Il faut battre le fer tant qu’il est chaud. Le ministère de l’Éducation nationale, les représentants des parents d’élèves et les coopératives projettent de former une coalition pour en finir avec ce phénomène. Et le cadre familial alors ? Il est temps que les parents, eux aussi, tapent du poing sur la table, chez eux.


























