La semaine dernière, les membres du Comité de Transition pour la Restauration des Institutions (CTRI) ont parcouru le pays pour évaluer l’avancement des chantiers entrepris dans diverses provinces. Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de mesurer concrètement l’état d’exécution des projets en cours. Si certaines régions comme le Woleu-Ntem et la Ngounié ont montré des signes encourageants, d’autres, à l’instar de la Nyanga et de l’Ogooué-Lolo, ont présenté un tableau moins reluisant.
Nyanga : des infrastructures en difficulté
Dans la province de la Nyanga, les membres de la délégation ont été confrontés à des routes en piteux état, notamment entre Tchibanga, le chef-lieu, et la ville de Mabanda. Bourbiers, nids-de-poule et accès impraticables ont jalonné leur parcours. Ces dégradations ont également permis aux populations locales d’exprimer leur désarroi face aux comportements de certains fils et filles de cette partie du pays, perçus comme allant à l’encontre des directives du chef de l’État.
Ogooué-Lolo : des retards et des justifications
La situation dans la province de l’Ogooué-Lolo n’était guère plus satisfaisante. Lors des échanges avec les responsables des chantiers du CTRI, plusieurs raisons ont été invoquées pour expliquer les retards : insuffisances matérielles, contraintes logistiques, intempéries et obstacles administratifs. Daisy Magni, chef de chantier, a notamment évoqué l’impact des fortes pluies sur les travaux, tandis qu’Yves Ifounga a dénoncé la lourdeur bureaucratique comme frein majeur à l’efficacité.
Des réponses insuffisantes pour le CTRI
Cependant, ces arguments n’ont pas convaincu la délégation du CTRI. Le colonel Yannick Nzamba Edowiza, chef de mission, a pointé du doigt un manque de planification et de prévoyance chez certaines entreprises adjudicataires. Selon lui, l’absence de matériel adéquat et le manque d’expérience de certaines sociétés de BTP aggravent les retards.
« Une étude de marché doit inclure une anticipation des contraintes. Pourquoi ces entreprises n’ont-elles pas pris en compte le transport des matériaux ou les délais inhérents à des régions éloignées », a-t-il martelé, avant de rappeler les exigences légales en matière d’appels d’offres, notamment la capacité des entreprises à préfinancer les projets.
Le CTRI, garant de la rigueur
Face à ce constat alarmant de l’avancement des chantiers, le CTRI prévoit de prendre des mesures strictes pour assurer une meilleure gestion des projets et des fonds publics. Les responsables de chantiers sont désormais sommés de livrer des résultats concrets. L’ère des approximations et des dilapidations semble toucher à sa fin. Cette dynamique, espèrent les autorités, marquera un tournant vers le développement et la prospérité du pays.


























