Le vendredi 21 février 2025, une conférence de presse s’est tenue à Akanda, au nord de Libreville, au cours de laquelle Maître Francis Nkea, Ali Akbar Onanga Y’Obegue et plusieurs cadres du Parti Démocratique Gabonais (PDG) de la branche dite légale ont vigoureusement contesté la décision de rebaptiser l’aéroport international Ali Bongo Ondimba de Port-Gentil en aéroport international Joseph Rendjambe Issani. Cet acte, entériné par le Conseil des ministres du 20 février 2025 sous la présidence du général Brice Clotaire Oligui Nguema, est perçu par le PDG comme une manœuvre politique revancharde.
Dans un communiqué officiel, le PDG condamne cette mesure, la qualifiant d’ « acharnement et de règlement de compte politique contre l’ancien Président de la République, Ali Bongo Ondimba, et sa famille ». Maître Francis Nkea dénonce une gouvernance marquée par « l’émotion, l’arbitraire et la vengeance personnelle », qui irait à l’encontre des engagements de restauration institutionnelle affichés par la junte.
L’attribution des noms aux aéroports du pays suit une logique historique, rappelle le PDG. Libreville abrite l’aéroport international Léon Mba, du nom du premier président du Gabon ; Franceville celui d’Omar Bongo Ondimba, deuxième chef de l’État. Dans cette continuité, le PDG estime que l’aéroport de Port-Gentil devait conserver le nom d’Ali Bongo Ondimba. Selon Francis Nkea, « cette cohérence historique, qui reflète l’ordre naturel des choses, risque d’être brutalement brisée par un décret arbitraire, dont le seul objectif est d’effacer jusqu’au nom d’Ali Bongo Ondimba des institutions du pays ».
Le parti souligne également qu’aucune condamnation judiciaire ne pèse sur l’ancien président, s’interrogeant ainsi sur la justification d’un tel effacement. Ali Akbar Onanga Y’Obegue insiste sur le fait que l’aéroport de Port-Gentil a été entièrement rénové sous le mandat d’Ali Bongo Ondimba, et que « le CTRI aurait pu refaire les travaux d’un autre aéroport du Gabon et le baptiser du nom de l’illustre dignitaire disparu, Joseph Rendjambe Issani », plutôt que d’effacer un nom existant.

Le PDG va plus loin en affirmant que cette décision serait une réaction à l’interview récente d’Ali Bongo Ondimba dans Jeune Afrique, où il exprimait son indignation face à l’acharnement dont sa famille et lui seraient victimes. Selon le parti, cet acte relèverait donc d’une « réaction impulsive, dictée par l’émotion et l’aigreur plutôt que par la raison et l’intérêt supérieur de la Nation ».
Cette affaire s’inscrit dans un contexte politique tendu, marqué par le coup d’État militaire du 30 août 2023 qui a renversé Ali Bongo Ondimba. Depuis, le PDG accuse le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) de multiplier les mesures visant à effacer l’héritage politique de l’ancien président.
Le parti interpelle les Gabonais sur la direction prise par la transition : « Les choses ont-elles réellement changé dans le bon sens ? La situation économique s’est-elle améliorée ? Non. Les institutions ont-elles été restaurées ? Non. La justice est-elle plus indépendante ? Non. La transition respecte-t-elle ses engagements ? Non ».
Face à cette situation qu’il juge préoccupante, le PDG formule trois exigences : l’annulation immédiate du décret de débaptême, le respect des symboles nationaux et la fin de ce qu’il considère comme une persécution envers Ali Bongo Ondimba et sa famille. Enfin, il exhorte la famille de Joseph Rendjambe Issani à « rejeter cette instrumentalisation de son nom et de sa mémoire à des fins politiciennes ».
En conclusion, le PDG appelle les citoyens à la vigilance et au « sursaut national contre ces dérives », estimant qu’il n’est pas trop tard pour réclamer une transition basée sur la justice plutôt que sur les règlements de comptes politiques.










































