Le Parti Démocratique Gabonais (PDG), autrefois incontestable sous la présidence d’Ali Bongo Ondimba, traverse une période de turbulence. Le 30 janvier 2025, à l’issue d’un congrès extraordinaire, Blaise Louembe a été désigné président du parti, mettant ainsi un terme à l’ère du PDG d’Ali Bongo. Cette transition brutale, survenue après le renversement d’Ali Bongo du pouvoir en août 2023, marque un nouveau tournant dans l’histoire du PDG.
Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, l’ancien président du parti a exprimé son profond désaccord avec cette nomination, arguant que cette décision violait les statuts internes du PDG.
« Tout cela est contraire aux textes du parti. Moi seul pouvais convoquer ce congrès. J’avais donné mes instructions aux responsables qui sont venus me voir – je continuais à diriger le PDG, avec un adjoint dans un rôle exécutif – ils sont sortis de chez moi, se sont rués au Palais, voilà le résultat… »
Ali Bongo dénonce une prise de pouvoir illégitime à la tête du PDG, orchestrée par Blaise Louembe et ses alliés. Il affirme que les statuts utilisés pour justifier ce changement remontent à 2008 et ne tiennent pas compte des réformes de 2022.
Une bataille juridique en cours
Ali Akbar Onanga Y’Obegue, secrétaire général du courant resté fidèle à Ali Bongo, a saisi la justice afin de contester cette prise de contrôle. Une audience avait été programmée pour le 14 février 2025 devant le Tribunal de première instance de Libreville, mais celle-ci a été reportée en raison de l’absence des responsables de la nouvelle direction.
Les partisans d’Ali Bongo y voient la preuve que Blaise Louembe évite de justifier la légitimité de son leadership devant les tribunaux. Ils l’accusent de vouloir s’imposer par la force, sans respecter les règles établies.
Un parti au bord de l’implosion
Depuis la chute d’Ali Bongo, le PDG peine à trouver un nouvel équilibre. Ce conflit interne met en lumière les profondes divisions qui minent le parti. D’un côté, Blaise Louembe cherche à asseoir son autorité et à imprimer sa marque ; de l’autre, Ali Bongo refuse de céder ce qu’il considère comme son dernier bastion politique.
Certains observateurs perçoivent cette situation comme une répétition du putsch de 2023, mais cette fois-ci à l’échelle du parti. Pour Ali Bongo et ses soutiens, il s’agit d’un nouvel épisode d’éviction orchestré contre lui.
La question demeure : l’ancien président dispose-t-il encore de l’influence nécessaire pour reprendre le contrôle du PDG ? Ou assiste-t-on à l’émergence d’une nouvelle ère sous l’autorité de Blaise Louembe ?
Dans les coulisses, le combat ne fait que commencer, et l’avenir du parti dépendra autant des décisions judiciaires que des jeux d’influence internes.










































