Un événement insolite suscite une vive controverse au Gabon. Trois jeunes compatriotes ont entamé une grève de la faim afin d’exhorter le général Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition, à présenter sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 12 avril 2025. Une banderole explicite accompagne leur action : « Grève de la faim pour appeler à la candidature du général Brice Clotaire Oligui Nguema à l’élection présidentielle ».
La scène, immortalisée par une photographie massivement relayée sur les réseaux sociaux, se déroule sur la célèbre place de l’Indépendance à Libreville. L’initiative a provoqué un débat passionné, oscillant entre admiration et indignation.
Des réactions partagées
Les commentaires abondent, exprimant des opinions souvent tranchées. « Ce niveau de kounabelisme pro max, pour avoir une visibilité auprès des hommes politiques, c’est triste pour l’avenir de ce pays… », a commenté Brandon Mba, critiquant la démarche comme une tentative désespérée d’attirer l’attention.
D’autres voix, plus acerbes, n’ont pas manqué de ridiculiser cette initiative. Freeman AG, par exemple, a ironisé : « C’est des rigoles, on cherche l’argent comme ça ? Donc il faut alors mourir ? ». Cette position est partagée par NutriSport241 qui cite Descartes : « Quand Descartes disait : « Le bon sens est la chose la mieux partagée du monde », c’est parce qu’il n’avait pas encore rencontré ces trois individus. »
Certains internautes, comme Roch Ndoumbadzokou, interrogent plus profondément les fondements de cet engagement : « Chaque peuple a les dirigeants qu’il mérite. » Une réflexion qui, bien qu’amère, traduit le malaise ambiant.
Cependant, ce n’est pas uniquement le geste des trois jeunes qui interpelle, mais également la place symbolique qu’occupe le général Oligui Nguema dans l’imaginaire collectif. Pour certains, il incarne un espoir de renouveau. D’autres, en revanche, appellent à ne pas sombrer dans l’idolâtrie politique. Abigael Lengomas exprime cette ambiguïté avec sarcasme : « Ça va faire moins trois personnes pour les demandes d’emploi. Merci de nous libérer la place, chers compatriotes. »
Une mobilisation qui interroge
L’identité des trois grévistes reste inconnue, tout comme leur véritable motivation. Leur action pose néanmoins des questions cruciales sur les limites de l’engagement politique dans un contexte de transition. « On n’utilise pas l’image du président n’importe comment », avertit un internaute, soulignant le danger de confondre admiration et propagande.
Cette situation reflète également les attentes, parfois irréalistes, placées sur les épaules de dirigeants politiques en période de transition. Le général Oligui Nguema, depuis son arrivée au pouvoir, a été perçu par certains comme une figure providentielle, ce qui explique sans doute cette forme d’extrémisme militant.
Entre espoir et désillusion
Si certains admirent le bilan du président de la transition, d’autres n’hésitent pas à critiquer ce qu’ils perçoivent comme un culte de la personnalité. Comme le résume Scott Lands : « En un an et demi, ils ont fait mieux que 14 ans du pouvoir déchu. Mais blague à part, ils ont surtout perfectionné le kounabelisme. »
Face à cet acte, il est essentiel de rappeler que l’engagement citoyen, bien qu’indispensable à toute démocratie, ne doit pas se transformer en un geste extrême ou déraisonné. L’histoire retiendra sans doute cette grève de la faim comme un épisode marquant des défis politiques et sociaux de la transition gabonaise.


























