Le 24 octobre 2024, Edgar Mba Ognagne Nguema, Directeur Général d’Assala Energy Gabon, a échangé avec Gabon Mail Infos lors de la 4e édition du Forum Central Africa Business Energy (CABEF) à Libreville. Ce forum, axé sur le thème « Le gaz naturel comme clé de l’industrialisation et de l’accélération économique de l’Afrique centrale », a permis au dirigeant de partager la vision d’Assala pour le secteur gazier.
Selon M. Edgar Mba Ognagne, un alignement inédit entre les acteurs étatiques et paraétatiques est en train d’émerger : « Le CABEF réussit à rassembler les énergies nécessaires pour faire avancer un sujet crucial comme le gaz », a-t-il déclaré. Pour Assala Gabon, qui dispose de réserves gazières conséquentes, ce contexte offre une occasion d’envisager un tournant stratégique majeur. « Nous devons passer d’un modèle de torchage opérationnel à un modèle de valorisation du gaz », souligne-t-il. Assala vise ainsi à réduire le torchage tout en explorant des méthodes de production exploitables pour des réserves non encore développées.
Comparant le développement du gaz à celui du pétrole, M. Nguema rappelle que « depuis les années 30, l’exploitation du pétrole a largement supplanté celle du gaz en raison des coûts élevés et du retour sur investissement à long terme que le gaz nécessite ». L’accessibilité et la facilité de commercialisation du pétrole ont en effet longtemps relégué le gaz au second plan dans le bassin africain. Cependant, Edgar Mba Ognagne Nguema juge le moment propice pour une transition vers cette énergie : « Il est temps de maximiser l’utilisation des réserves disponibles et d’avancer vers cette énergie de transition ».
L’un des défis majeurs reste cependant le cadre réglementaire. « Actuellement, le Code des hydrocarbures et les réglementations sont axés sur le pétrole. Il est crucial d’adapter ce cadre pour permettre le déploiement de la chaîne de valeur du gaz », avance-t-il. La mise en place d’une réglementation appropriée serait un catalyseur pour le développement gazier dans la sous-région, créant ainsi de nouvelles opportunités économiques et industrielles.
Le projet du Système de Pipeline Africain Central (CAPS) représente, selon lui, un exemple prometteur : « Des initiatives comme le CAPS ouvrent de nouvelles perspectives, car elles permettent aux États de mutualiser leurs efforts et d’amplifier leur capacité d’action », a-t-il expliqué. M. Edgar Mba Ognagne Nguema est convaincu que le partenariat entre les producteurs et les utilisateurs, ainsi que les échanges entre les secteurs des hydrocarbures et des mines, tous deux énergivores, rendront la transition plus viable. « Quand tout le monde se mobilise, il devient possible de connecter la production gazière aux besoins des utilisateurs, et de progresser ensemble vers un avenir énergétique intégré », conclut-il.









































