Depuis plus d’un mois, l’absence prolongée de Paul Biya, président du Cameroun depuis 42 ans, suscite des interrogations. Malgré les déclarations rassurantes du cabinet civil de la présidence et du ministre de la Communication, les rumeurs sur son état de santé persistent. Ce silence du dirigeant, âgé de 91 ans, alimente la spéculation et fait planer une incertitude grandissante.
Paul Biya est un habitué de telles disparitions. Les analystes notent qu’il a souvent recours à cette stratégie, laissant les rumeurs enfler avant de réapparaître triomphalement. Ce mode de gouvernance a forgé son image de leader insaisissable, mystérieux et imprévisible, renforçant sa stature auprès de ses partisans tout en laissant planer une part de mystère.
Sa dernière apparition publique remonte au forum de coopération sino-africain (Focac) début septembre 2024. Depuis, c’est le silence total. Les réseaux sociaux, alimentés par les rumeurs de sa mort, amplifient la confusion. Des informations non vérifiées circulent, évoquant des problèmes de santé graves. Pourtant, aucun communiqué officiel n’infirme clairement ces spéculations.
Le souvenir de 2004, où une rumeur similaire de l’absence de Paul Biya avait déjà circulé, refait surface. À l’époque, Biya avait fini par réapparaître en plaisantant sur sa prétendue mort. Toutefois, vingt ans plus tard, la situation semble différente. Le poids des années commence à se faire sentir et son absence prolongée inquiète davantage qu’elle ne rassure.
La question de sa succession est désormais au cœur des débats. Bien que Paul Biya n’ait pas encore officiellement annoncé s’il se représenterait en 2025, des figures clés comme Ferdinand Ngoh Ngoh, René Sadi ou Laurent Esso sont pressenties pour prendre la relève. Toutefois, l’ombre de Franck Biya, son fils, plane également, laissant les Camerounais dans l’expectative.
Le Cameroun va-t-il connaître le même scénario que le Gabon en 2009 lors du décès d’Omar Bongo où Ali Bongo avait été porté au pouvoir ? Dans tous les cas, les projecteurs des journalistes sont orientés vers le Cameroun.
Source BBC Afrique


























