C’est la première fête des pères à laquelle Ali Bongo Ondimba assiste sans recevoir de nombreux messages de vœux, ni en envoyer à tous les papas pour la fête des pères depuis 14 ans de règne. Jadis, chaque fête des pères le voyait inondé de louanges superlatives, loin de sa véritable nature. Des communicants chèrement payés traduisaient ses vœux de la manière la plus flatteuse possible. Ainsi fonctionnait le royaume hier, sous Ali Bongo Ondimba, remplacé aujourd’hui par le général président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Depuis le 30 août, date de son éviction par un coup d’État militaire, plus personne ne se risque à souhaiter la moindre bonne fête des pères en son nom. Les messages affluent, telle une pluie torrentielle, vers le nouveau général-président, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Chacun y va de son commentaire, espérant se faire mieux voir. On préfère célébrer le nouveau « papa de la nation » sur les réseaux sociaux plutôt que son propre père, celui qui a véritablement souffert pour nous, géniteur ou non. Pendant ce temps, la Première dame Zita Oligui Nguema, avec l’aide de sa cellule de communication, concocte un joli visuel de circonstance : « Bonne fête des pères », semblable à ce que Sylvia Bongo avait l’habitude de faire.
Au regard de cette réalité, il est clair qu’il n’y a plus personne pour souhaiter à papa Ali Bongo Ondimba une bonne fête des pères. C’est là toute la théâtralité de la vie politique rappelé par Vincent de Paul Nyonda : le rideau tombe pour certains, tandis qu’il se lève pour d’autres.

La scène de papa Ali Bongo Ondimba est révolue. Désormais, c’est à papa Oligui Nguema que l’on souhaite une bonne fête des pères, jusqu’à ce qu’il quitte, à son tour, les feux de la rampe. Car, comme le dit si bien le Sage Salomon dans le livre d’Ecclésiaste, « il n’y a rien de nouveau sous le soleil ».
La montée et la chute des dirigeants rappellent qu’au fond, tout n’est que théâtralité. Les éloges qui pleuvaient hier sur Ali Bongo s’abattent aujourd’hui sur Oligui Nguema. La roue tourne, mais le spectacle reste le même : des flatteries feintes, des alliances fragiles, et un trône jamais véritablement acquis. Bonne fête des pères à ceux qui sont sur scène… en attendant le prochain acte.


























