Le dernier Premier ministre du président déchu Ali Bongo Ondimba, Alain Claude Bilie-By-Nze qui a refusé le silence de complaisance dans le pays pourrait faire face à la justice en raison de ses récentes déclarations qui mettraient en mal les conclusions du dernier Dialogue national inclusif d’Angondjé. C’est ce qui ressort de la récente intervention du porte-parole de la présidence de la République, Max Olivier Obame, sur les antennes de la chaîne publique Gabon 24.
Alain-Claude Bilie-By-Nze devrait-il observer le silence face aux décisions controversées issues du dernier Dialogue national inclusif ? Les nombreuses interventions de l’ancien Premier ministre ont suscité des réactions variées. La présidence de la République, actuellement sous l’autorité du général président Brice Oligui Nguema, semble éprouver des difficultés à tolérer ses critiques. Ainsi, Max Olivier Obame a déclaré sans équivoque : « Puisque Monsieur Bilie-By-Nze souhaite s’exprimer, dans un proche avenir, il aura le temps de s’exprimer, mais cette fois-ci dans un cadre propice ». Cette déclaration suggère la possibilité de poursuites judiciaires imminentes contre le natif de Makokou.
Selon le média Dépêches241, cette déclaration pourrait annoncer des démarches judiciaires à l’encontre de l’un des fidèles lieutenants d’Ali Bongo Ondimba.
Pour Michel Ongoundou Loundha, Sénateur de la Transition, « il y a néanmoins deux qualités chez Alain-Claude que l’on ne saurait passer sous silence : le courage et l’intelligence (qui n’a rien à voir avec les diplômes). En l’occurrence, il pointe les failles béantes de la dernière mascarade pompeusement baptisée Dialogue national inclusif. Nous sommes en 2024, les méthodes et la rouerie d’Omar Bongo pouvaient avoir du sens dans les années 80/90, mais pas aujourd’hui avec cette nouvelle génération. »
L’acteur politique précise : « Albert Camus disait fort justement que la Révolution (que l’on pourrait remplacer par le coup d’État du 30 août dernier) n’a pas aboli les privilèges. Elle a juste changé les privilégiés. »
Les déclarations d’Alain-Claude Bilie-By-Nze posent problème à deux niveaux. Premièrement, en tant que porte-parole de la dénonciation du Dialogue national inclusif. Alain-Claude Bilie-By-Nze, figure emblématique du régime d’Ali Bongo, est perçu comme ayant contribué à l’oppression des Gabonais durant les 14 années de pouvoir sans partage de ce dernier. Deuxièmement, en tant que défenseur acharné du régime Ali Bongo Ondimba, il aurait joué un rôle crucial dans le maintien de l’ancien président au pouvoir en 2016, malgré sa défaite, et a été un ardent promoteur de la pérennisation du Parti Démocratique Gabonais (PDG).
Cependant, si l’hypothèse de poursuites judiciaires contre Alain-Claude Bilie-By-Nze se confirme, ce sera non seulement une première contre un ancien Premier ministre, mais cela pourrait également susciter des inquiétudes quant à l’avenir de la liberté d’expression au Gabon.


























